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14 février 2011

Voulez-vous coucher avec moi ce soir...


Ça y est, nous y sommes, c'est aujourd'hui la Saint Valentin. Je ne sais pas si vous faites partie du groupe de ceux qui apprécient cette fête et trouvent que c'est une bonne idée de célébrer les amoureux, ou si au contraire vous estimez que c'est pénible et commercial au possible ? Toujours est-il qu'il est difficile d'y échapper, d'autant que j'ajoute à mon tour ma petite pierre à cet édifice puisque le billet du jour va être consacré à la cosmétique de l'amour ! Ce 14 février est en effet la parfaite occasion pour partager avec vous un vieil article du Votre Beauté de juillet 2009 que j'ai exhumé de mes archives il y a quelques jours. La question principale qu'il soulève est on ne peut plus simple et parfaite pour aujourd'hui : des produits cosmétiques peuvent-ils réellement être aphrodisiaques ?


Car c'est bien cela que tous ces soins que vous avez déjà sûrement vus à droite à gauche promettent : exciter nos sens, éveiller notre désir, stimuler notre libido... La cosméto de l'amour serait-il le meilleur des préliminaires ? Et surtout, de quelle manière agissent-ils pour nous mener vers le septième ciel ? En fait, le plus souvent, tout est une question de physique, au sens le plus élémentaire du terme. Par exemple, ce genre de soins s'appuie très souvent sur des odeurs très gourmandes comme le Chocolat, la Vanille ou bien encore la Rose. Si l'on s'imagine que les marques élaborent ainsi leurs produits pour satisfaire notre nez, c'est en fait plus pointu que ça. En réalité, ces différents parfums sont sélectionnés parce qu'ils évoquent, pour une majorité d'entre nous en tous cas, d'agréables souvenirs. Autant de bons moments qui vont revenir à notre subconscient comme une Madeleine de Proust. Ainsi stimulé, le cerveau va produire en plus grande quantité des béta-endorphines, que vous connaissez sûrement sur le nom de "molécule du bonheur". Et voilà comment nous placer en quelques minutes dans de meilleures dispositions pour rejoindre le septième ciel... C'est d'ailleurs un peu le même principe avec les bougies de massage dont, lorsqu'elle fond, la cire devient une parfaite huile de modelage. Chez Voulez-Vous Paris par exemple, elles sont déclinées dans des fragrances Pain d'épices, Crème Brûlée, Chocolat et Bubble Gum, typiquement le genre de parfums régressifs qui vont parler à notre inconscient.


Autre technique très souvent utilisée par ces marques de plus en nombreuses sur ce créneau pour le moins original de la Planète-Beauté : souffler le chaud et le froid pour faire monter la température. Là encore, tout cela peut s'expliquer d'une manière toute scientifique puisque ces soins renferment simplement des actifs aux propriétés vasodilatatrices, et qui vont avoir le pouvoir de jouer le rôle de stimulateur clitoridien. C'est le cas par exemple de Frissone-Moi chez Fun Factory, une crème à base de Menthol dont on applique directement quelques gouttes sur les parties intimes de Madame. Et si ces produits ludiques sont souvent des stimulants, ils jouent aussi le rôle de lubrifiants comme chez DurexPlay-O est décliné en version Hot et en version Frissons, des sensations qui se décuplent au souffle du partenaire. Rien de bien transcendant d'un point de vue technique puisque c'est exactement la même chose que dans les soins rafraîchissants pour les jambes lourdes par exemple. Il s'agit simplement de produits un peu moins agressifs, heureusement d'ailleurs vu la zone où on en met ! Dans le même esprit mais pour d'autres muqueuses cette fois, les sticks lèvres Baisés Glacés-Brûlants de YESforLOV jouent les oppositions. D'un côté, le premier laisse sur les lèvres une intense sensation de fraîcheur tandis que le second est au contraire chaud comme la braise. Et comme on sait que les contraires s'attirent, il y a là tout ce qu'il faut pour des baisers plus enflammés que jamais. C'est exactement la même chose chez Love to Love où Kiss or Lick me qui mise sur un stick au Menthol et un second Ginseng - Gingembre. Muy caliente ! La question est de savoir si mon Baume Carmex à la Menthe ferait le même effet et clairement, je pense que oui.


Il y a enfin tous ces produits aux parfums très fruités et qui n'ont qu'un seul objectif : inviter l'autre à parcourir notre corps. Gourmandise et luxure, deux des pêchés capitaux, se mêlent le temps d'un instant à travers ces crèmes dont la formule est parfois plus proche d'un aliment que l'on trouverait en grandes surfaces (avec arôme alimentaire et aspartame !) que d'un soin cosmétique. Rangez-donc vos pots de confiture et de Nutella, laissez votre tube de crème chantilly au fond du frigo... ces classiques ne sont bons qu'à salir vos draps. Non, les marques coquines vous invitent plutôt à être modernes et à plutôt craquer par exemple pour ces petites Crèmes à embrasser de la marque Lylou. Déclinées dans de nombreux parfums (Chocolat-Cannelle / Menthe, Cerise ou Orange-Citron), on les applique directement sur les mamelons. La marque précise même que leur composition, riche en huiles de pépins de Raisin, de vitamine E et de beurre de Karité, leur confère un pouvoir régénérant sur l'épiderme. Mais à mon avis, ils ne restent pas assez de temps sur la peau pour délivrer ce genre de bienfaits !


Pour des caresses sucrées, on peut aussi craquer pour le Baume Délice de Yoba au Melon, pour le Baume Banana Split (Bananana, Bananana, Bananana Split !) Croque Moi chez Soft Paris ou, encore plus original, pour la poudre comestible Chute de Neige Voulez-Vous Paris (qu'on doit saupoudrer sur la chute des reins ?). Quoi qu'il en soit, tous ces produits gourmands n'ont généralement aucun pouvoir aphrodisiaque à proprement parler. C'est simplement leur parfum et leur goût sucré qui sont de parfaits prétextes à des rapprochement, ni plus, ni moins. Et c'est d'ailleurs d'une manière générale la chance de ces soins qui n'ont en fait pas vraiment à prouver leur efficacité. En même temps, quel étude clinique pourrait vraiment venir estimer le gain d'excitation qu'ils peuvent provoquer ? Bien plus encore que la profondeur des rides de la patte d'oie, le désir ne se mesure que très difficilement au microscope !


En tout cas, avec cette offre pléthorique, voici de sacrées soirées en perspective ! Et si le but de ces marques est de nous offrir une vraie partie de plaisir, je ne suis pas certain que leur quotidien en soit une, de partie de plaisir. Car comme vous avez pu le constater à travers ce billet qui n'est en plus pas exhaustif, de très nombreuses marques se livrent bataille sur ce petit créneau. Avec la même difficulté pour toutes : démocratiser "la cosméto du kamasutra" en arrivant à investir des réseaux de distribution où le grand public pourra facilement y avoir accès. Et pour le moment, force est de constater qu'hormis YesFORlov qui a réussi à rentrer (oserai-je dire à pénétrer !) chez Sephora, les autres sont encore cantonnés dans des sexshops ou bien dans des ventes en réunion type Tupperware où ces dames peuvent acheter lingerie coquine et sextoys entre copines. On a rêvé mieux comme exposition, mais en même temps, a t'on envie de s'acheter ce genre de choses au supermarchés, entre deux tranches de jambon et deux kilos de tomates ? Je n'en suis pas certain...


Alors, qu'est ce que tout cela vous inspire ? Etes-vous tenté(e) par ce genre de produits coquins (oh, c'est bon, on peut tout se raconter, on est entre nous ! ). Ou bien au contraire, les trouvez-vous totalement gadgets ("Attends, attends chéri, je ne trouve plus la poudre après fessée !") ? Et sinon, plus sérieusement, qu'avez-vous prévu pour cette soirée de Saint-Valentin ? Comme activité, comme cadeau pour votre moitié... je veux tout savoir (enfin, sauf si c'est trop graveleux bien sûr !).

26 avril 2010

Opération sauvetage pour le CCB


La semaine dernière était capitale pour Le Club des Créateurs de Beauté. C'est en effet ce 20 avril, à l'occasion de son quinzième anniversaire, que la marque a lancé la nouvelle version de son site internet. Nouveau design, nouvelles fonctionnalités et nouveaux produits, l'ensemble est plutôt réussi mais j'y reviendrai un peu plus tard.

Car il est important je pense de préciser que ce nouveau site marque - selon moi - le troisième grand chantier entrepris par Le Club des Créateurs de Beauté (qui pour rappel appartient au groupe L'Oréal) afin de redynamiser une marque qui, il faut bien le dire, a beaucoup souffert ces dernières années. Pour se rafraîchir la mémoire, voici ICI un article paru l'année dernière dans le magazine Capital qui expliquait bien dans quelle délicate situation se trouvait le CCB. Pour résumer (pour ceux qui n'auraient pas le courage d'aller lire le papier!), on peut dire que l'offre du CCB avait beaucoup perdu de son attractivité et surtout, que la marque avait très mal négocier l'explosion du e-commerce, voyant son mythique catalogue devenir complètement obsolète au moment où la vente en ligne faisait beaucoup de tort aux principales marques de VPC. A l'instar des 3 Suisses, La Redoute... le CCB voyait alors son chiffres d'affaires chuter de manière inquiétante, multipliant alors les initiatives pour sortir de cette mauvaise passe.

1) TON CATALOGUE, TU DEPOUSSIERERAS

Agnès B, Franck Provost, Dr Christine Poelman, Cosmence... bien qu'assez connues, on ne peut pas dire que les marques du portefeuille CCB était particulièrement excitantes. Aux grands maux, les grands remèdes : pour séduire de nouvelles consommatrices, la marque offre un lifting de choc à son catalogue.

Le CCB n'est pas très performant en soins du corps et sur les produits d'hygiène ? Il a alors la bonne idée de référencer les produits gourmands de The Body Shop (uniquement les soins du corps, pour ne pas cannibaliser les ventes de Cosmence). Une initiative qui sert aussi les intérêts de The Body Shop, marque l'oréalienne qui n'avait jusqu'alors pas de distribution en ligne en France.

Impossible d'ignorer la vague écolo qui déferle sur le rayon cosméto ? Le CCB fait appel à Nathalie Charon qui développe pour la marque Bioexigence, une jolie gamme de soins qui fleurent bon la Provence.

L'offre capillaire n'est pas en reste : exit les produits Franck Provost et place à une ligne Jean-Marc Maniatis complètement relookée, plus moderne et plus abordable.

Et ce n'est pas tout... Le rayon parfum est dopé par l'arrivée de Crazylibellule ans the poppies et de Thierry Mugler ! Un joli coup mais pourquoi d'ailleurs ne pas avoir pris une marque L'Oréal, qui aurait pu correspondre davantage à la cible CCB ?

Et enfin, cerise sur le gâteau, le CCB accueille même la marque coquine YESforLOV...

BILAN : incontestablement, une réussite. Un catalogue plus complet, quelques jolis coups dans les nouvelles marques référencées, une rationalisation pertinente de l'offre ... c'est plutôt très bien joué même si d'autres synergies auraient peut-être pu être mises en place en exploitant certaines autres marques L'Oréal.


2) TES OEUFS DANS LE MÊME PANIER, TU NE METTRAS PAS

Au CCB, on a bien compris que l'avenir de la vente par catalogue était plus que compromis. Et qu'une e-boutique seule ne suffirait peut-être pas encore à renouer avec le succès de la grande époque du Club. Ce qu'il faut au CCB, c'est un point de vente "en dur", avec un vrai réseau dans toute la France. Bingo, la marque signe un accord avec Nocibé qui référence depuis le début de l'année les best-sellers du Club ! Proximité et accessibilité sont les deux maîtres mots de cette nouvelle stratégie qui permettra dorénavant aux clientes de tester les textures, de découvrir les couleurs du maquillage...


BILAN : Là encore, c'est plutôt une bonne idée. Le choix de Nocibé, une des seules enseignes à ne pas avoir souffert de la crise économique, est indiscutablement un choix stratégique. Ce partenariat permet au Club de gagner en visibilité et potentiellement de nouvelles clientes qui reviendront peut-être par la suite acheter sur le site du CCB... ou de Nocibé. Car, petit bémol, Nocibé.fr commercialise aussi les produits du Club. Pour moi, c'est un peu regrettable car si les points de vente physiques de Nocibé complètent bien la distribution, la vente sur leur site vient un peu marcher sur les plate-bandes du Club.


3) UNE BELLE VITRINE, TU T'OFFRIRAS

Touche finale de cette année de reconquête, le nouveau site internet CCB lancé cette semaine, avec un graphisme épuré tranchant avec le code couleur noir de la précédente mouture. Parmi les nouvelles fonctionnalités mises en place : la possibilité de se faire rappeler par une conseillère en laissant son numéro de téléphone, et pour les questions plus pointues, un formulaire à remplir qui permet de rentrer en contact avec une esthéticienne. Comme sur le site de Sephora, les clientes pourront dorénavant déposer leurs avis sur les produits CCB qu'elles ont eu l'occasion d'essayer. Une bonne idée mais la marque laissera t-elle apparaitre les avis les moins favorables aux produits du Club ? Enfin, la vente est optimisée via la proposition d'articles en lien avec ceux dont l'internaute consulte la fiche.

BILAN : Il aurait été dommage de revoir l'ensemble de l'offre CCB sans offrir un bel écrin à ce nouveau catalogue. La navigation est plus intuitive, le design plus contemporain. Néanmoins, le nombre important de références fait que l'on s'y perd un peu, en particulier dans le maquillage (près de 10 références en mascara, est-ce bien raisonnable?).



En conclusion de tout cela, force est de constater que la marque a su réagir et faire face aux difficultés qu'elle rencontrait. Est-ce que cela sera suffisant pour renouer avec la croissance et le succès ? A suivre dans les prochains mois...

www.ccbparis.com

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