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21 mai 2023

Pour le pire et le miel'leur!

Pfffffiouuu, j'ai été pris dans un mini-tourbillon ces dernières semaines mais je sors enfin un peu la tête de l'eau ! Pour vous la faire courte, j'ai été un peu malade quelques jours, eu pas mal de taf avec les jours fériés (très sympas les lundis off hein, j'adore le concept mais alors derrière, faut sérieusement cravacher), puis fêté mon anniversaire et suis enfin allé passer quelques jours au Portugal... Mais cette fois, c'est bon, me revoici avec dans ma besace une petite réflexion - enfin, "petite", vous me connaissez, j'ai toujours un peu de mal à faire dans le succinct - sur la cosmétique vegan. C'est un sujet sur lequel je voulais me pencher depuis un moment et c'est en lisant un article intéressant dans M Le Magazine du Monde que je me suis décidé à me lancer. D'ailleurs, et pour être tout à fait précis, je ne vais pas forcément parler de la cosmétique vegan dans son ensemble mais plus spécifiquement de la place du miel dans nos pots de crème. Avant d'en arriver là, un rappel rapide tout de même sur la cosmétique vegan car certaines choses doivent être précisées car je vois, et notamment quand je discute avec certains de mes amis ne travaillant pas dans l'industrie de la beauté, que pas mal d'amalgames demeurent encore. Donc déjà et pour poser les bases, noooooooooon je ne regrette rien ce n'est pas parce qu'un produit est vegan qu'il est naturel. Je vous colle du pétrole, des huiles minérales, de la paraffine et des paillettes dans un pot de crème, je pourrai sans doute obtenir la certification vegan mais ne serai pas du tout naturel pour autant. 

Donc pour rappel, vegan, c'est simplement que mon produit ne contient absolument aucun ingrédient d'origine animale, rien de plus, rien de moins. Dans l'absolu, je pense que 90% des produits de beauté n'en contiennent pas et le sont de facto, au final tout le monde ou presque pourrait s’enorgueillir de ça assez facilement. Parmi les quelques ingrédients qui peuvent empêcher un soin d'être vegan, on peut par exemple citer le lait d'ânesse, le carmin issu de cochenilles (des insectes qu'on tue en les écrasant pour récupérer le pigment rouge composant la majeure partie des rouges à lèvres), la bave d'escargot... et donc tous les produits issus de la ruche, à commencer par le miel bien entendu mais aussi la gelée royale, la propolis, la cire... Je vous avoue que pour ma part, et jusque très récemment encore, je ne comprenais pas trop cette défiance à l'égard des actifs issus de la ruche et me disais : " mais bordel, le miel, les abeilles en font naturellement donc pourquoi cela serait un problème que de le récupérer afin de profiter de son pouvoir cosmétique avéré ? ". Autant je conçois parfaitement qu'on ne veuille pas voir des insectes écrasés pour qu'on puisse se badigeonner les lèvres de rouge, autant j'avais du mal à capter où était le problème avec le miel. Sauf qu'entre temps, et parce que j'aime bien comprendre les choses dans la vie, je me suis renseigné sur le sujet... 

Si on écoute le discours des gens qui entendent vivre selon les préceptes purs et durs du veganisme, la consommation de miel à proprement parler est déjà une offense faite aux abeilles et un vol manifeste de leur travail. On peut en sourire si on le souhaite mais en même temps, je trouve pour ma part que ça fait plutôt sens. Si on réfléchit un instant, certes les abeilles produisent en effet spontanément du miel mais à aucun moment, leur projet de départ n'était qu'on vienne le leur dérober. Elles le font pour elles, parce qu'elles en besoin pour leur alimentation, parce que c'est ainsi que cela se passe dans une ruche... mais pas en se disant " tiens, si on produisait tout ce bon nectar pour qu'on vienne ensuite nous le chaparder ". Le problème à mes yeux, et ce que j'ignorais jusqu'il y a peu de temps encore, c'est surtout les conditions dans lesquelles cela peut être réalisé. Au final, c'est comme pour tout élevage : il y a ceux qui font les choses dans les règles de l'art, vont prendre soin de leur bétail et se montrer respectueux tout au long de sa vie et lors de son abattage. Puis les autres. Alors certes, au final me direz-vous, la bête est tuée et consommée mais j'imagine qu'on est tous d''accord pour s'accorder sur le fait qu'on préfère déguster un bon steak en direct d'un producteur dont on connait les méthodes respectueuses que d'une marque dont l'abattoir va se retrouver pointé du doigt par Hugo Clément dans un reportage de l'association militante L214. 

Et bien il faut bien se dire que c'est exactement pareil en cosmétique, et que l'appellation "miel" sur un pot de crème ou un shampoing peut cacher des réalités bien différentes. Avant de vous en parler plus en détail, un mot quand même sur certaines dérives dont il faut bien avoir conscience quant à la production de miel. Je l'ignorais pour ma part mais finalement, et comme partout où le capitalisme est de la partie, il y a une obsession de la surproductivité. Dans les ruches par exemple, il n'est pas rare que la Reine des abeilles soit délibérément butée au bout d'une année seulement (alors que son espérance de vie est normalement de 4 à 5 ans) parce qu'elle n'était plus assez prolifique. La récolte du miel par l'apiculteur peut se faire selon des méthodes "traumatisantes" pour les abeilles, comme par exemple lors de l'enfumage de la ruche. Il y a aussi le problème de croisements génétiques (mais comme avec les fruits et légumes finalement) qui permettent d'obtenir des abeilles plus dociles et plus productives à qui on va pouvoir faire produire un maximum de miel, en faisant en quelque sorte l’esclave de l'homme. D'après ce que j'ai cru comprendre, lorsqu'on tente de récupérer leur miel, les abeilles vont avoir tendance à défendre leur territoire sauf que, et malheureusement pour elles, lorsqu'elles tentent de piquer, elles y laissent la moitié de leur abdomen et meurent. On pourra objecter que " ce sont des abeilles et qu'on ne sait même pas si elles ont véritablement une conscience " mais pour ma part, je trouve qu'on pourrait faire preuve d'un peu d'humilité face à un animal qui fait preuve de tant d'intelligence dans l’organisation de sa "société" et surtout qui est si essentiel à notre survie via le mécanisme de pollinisation qui repose sur leurs petites épaules (enfin, leurs petites ailes en l'occurrence).

Bref, une fois que je me suis renseigné sur le sujet du miel et que j'ai découvert tout ça, j'avoue que ça m'a fait réfléchir et que, pour la première fois, je me suis dit qu'il y avait en effet potentiellement un problème avec l'usage du miel en cosmétique. Après, c'est comme tout dans la vie, il faut savoir faire preuve de bon sens et de discernement... 3615 my life mais pour ma part, je consomme pas mal de miel (je ne sucre plus mes yaourt avec du sucre blanc mais uniquement avec du miel) et je sais que beaucoup de miels alimentaires qu'on peut trouver dans le commerce sont soient coupés avec d'autres ingrédients ou simplement de piètre qualité donc j'essaie à chaque fois d'acheter les miens dans des marques dont je me suis assuré du sérieux au préalable. Du coup, j'ai eu envie d'investiguer sur la provenance du miel qu'on retrouvait au sein de nos soins cosmétiques et je vous avoue que le sujet n'est pas évident car finalement, on en trouve dans un nombre faramineux de produits, c'est vraiment un actif incontournable de la beauté.


Au début, j'ai porté mon attention sur les marques dont le miel est vraiment l'ingrédient star, à tel point qu'il peut même être mis en avant dans le nom d'une gamme ou d'un produit. Je pense par exemple à l'incontournable gamme Abeille Royale de chez Guerlain qui utilise, après enquête de votre humble serviteur; un miel provenant de l'ile d'Ouessant en Bretagne et récolté dans les règles de l'art. On peut toujours suspecter que ce soit simplement des engagements de façade mais pour le coup, j'ai l'impression au contraire qu'ils sont vraiment profondément désireux de bien faire les choses, à tel point d'ailleurs que la défense des abeilles est devenu un sujet central sur lequel la Maison prend mille initiatives comme elle l'explique ICI. Cela passe par bon nombre d'actions très concrètes, passant de la pédagogie dans les écoles primaires à la formation d'apicultrices engagées en passant par l'adhésion à une organisation reconnue pour définir les pratiques d'approvisionnement éthique en ce qui concerne les ingrédients issus de la biodiversité. Bref, tout me semble OK de ce côté. 

J'ai cherché ensuite du côté de chez Nuxe et de sa mythique ligne Rêve de Miel. Pour info, la marque n'a pas répondu à mes questions donc j'ai essayé d'aller à la chasse aux infos sur leur site où on nous explique que  " NUXE a sélectionné notamment du miel de lavande, un miel label rouge et IGP de très haute qualité récolté en Provence au sein d’une entreprise familiale engagée. Son origine géographique et florale est certifiée par analyse ADN, afin de garantir une qualité constante.". Il y a certains éléments rassurants (c'est du miel bio et français, ce qui est déjà important) mais je trouve quand même que ça mériterait plus de précisions. Perso, dans leur texte, c'est le "notamment" qui m'inquiète un peu. Oui, il y a ce miel qui semble honorable mais est-ce qu'il y en a d'autres ? Lorsqu'on imagine les volumes de vente conséquents que doit représenter cette ligne iconique de la marque, j'ai du mal à croire que ça ne puisse venir que d'un seul petit apiculteur de Provence. Est-ce qu'une filière plus globale a été mise en place ? On est un peu dans le flou. Côté action bienfaisante, on nous dit que Nuxe " collabore avec la société Un Toit Pour Les Abeilles et parraine par son intermédiaire des ruches implantées dans les Vosges pour donner naissance à de nouvelles colonies et contribuer ainsi au maintien de l’espèce ". Mieux que rien me direz-vous (elle n'est obligée de rien donc c'est déjà très bien que la marque fasse cela) mais pour moi, c'est un peu comme lorsqu'on nous dit qu'on va replanter un arbre en Amazonie, j'ai l'impression que cela reste un peu léger, que c'est l'engagement un peu facile et qui ne mange pas de pain.

 

J'ai zieuté ensuite du côté des marques spécialistes du miel, et là pour le coup, c'est plus surprenant. Je commence par exemple par Melvita, dont je rappelle tout de même que le nom même est la contraction de Mel en référence au miel et de Vita, qui signifie vie en latin (oui, rien à voir avec Vitaa et sa copine Mel' qui va passer sa journée dans le noir !). En allant sur leur site et en cherchant les engagements de la marque, je pensais forcément tomber sur quelques infos détaillant l'origine du miel qu'ils utilisent et d'éventuels actions que la marque mettrait en place pour contribuer à la sauvegarde des abeilles. Imaginez du coup ma surprise en découvrant que finalement, l'action majeure que la marque met en avant concerne... la défense des tortues en Nouvelle-Calédonie. Étonnant, mais pas tant que ça car quelques lignes plus bas, on nous explique que "Melvita a à cœur de proposer des formules de qualité, naturelles, certifiées bio et respectueuses de notre peau mais aussi de la planète. Dans ce sens, elle souhaite proposer, dès que possible, des soins excluant tout ingrédient d’origine animale, c'est à dire, vegan.". Vous m'excuserez mais pour moi, c'est quand même une petite révolution, cela veut donc dire que la marque va totalement désinvestir le créneau du miel ? J'ai regardé et à date, il reste 17 références sur l'eshop qui en contiennent mais c'est vrai que dans tous les lancements les plus récents, il n'y en a plus, la marque s'appuie sur d'autres ingrédients végétaux avec des fleurs, de l'argan... pour se positionner comme une marque de beauté naturelle sans plus évoquer la ruche.

Je trouve ça intéressant et ça m'amène à une question : est-ce que l'émergence de la tendance vegan (qui va progresser selon les cabinets d'étude de 6% par an jusque 2030) va pousser certaines marques, même celles ayant pendant longtemps prospéré sur les bienfaits de la ruche, à se détourner de cet ingrédient ? Dans l'article du Monde dont je vous parlais en préambule, j'apprenais par exemple que Sanoflore avait aussi choisi d'abandonner totalement le miel de tous ses produits, alors qu'elle avait pourtant certaines références dont il était la star, comme par exemple Miel Suprême. J'ai pu échanger avec la marque à ce sujet (pour le coup, eux ont été d'une grande transparence) qui m'expliquait que  " dès 2020, l’évolution de la réglementation Ecocert, charte de formulation Bio la plus exigeante au niveau européen, a mené Sanoflore à prendre la décision de retirer les ingrédients d’origine animale ou dérivés, soit les produits tels que le miel, la cire, la gelée royale pour les abeilles. Cette nouvelle version du Référentiel est mise en application au 30 mai 2023. ". Au final, la marque a donc twisté son actif à base de miel pour une alternative associant Edelweiss bio, collagène, huile essentielle de Thym du Vercors qui présente peu ou prou les mêmes pouvoirs anti-inflammatoires et régénérants. 

Je trouve cela très intéressant car si je comprends bien, cela voudrait donc dire que à compter du 30 mai (c'est à dire demain ou presque), tous les produits qui contiendraient des ingrédients issus de la ruche ne pourraient plus forcément prétendre au label Ecocert ? Ça serait une petite révolution. J'ai interrogé à ce sujet Muriel Bourges Reberga qui travaille chez Ballot-Flurin, une marque française qui propose des compléments alimentaires à base d'ingrédients de la ruche mais aussi des soins cosmétiques de grande qualité. Elle me dit ne pas être au courant de cette éventuelle législation à venir mais défend pour sa part le travail autour de l'api-beauty en expliquant que Ballot-Flurin veille à travailler selon les préceptes d'une "apiculture douce" qui puisse être aussi respectueuse que possible des insectes. Un exemple concret : lorsque ses apiculteurs vont venir prélever le miel des ruches, ils vont prendre ce qu'ils considèrent simplement être en excès, là où d'autres fournisseurs de miel moins regardants auront tendance à prélever tous le miel produit par les abeilles, ne leur laissant rien alors qu'elles ont en pourtant besoin. 

Dans leur optique, les abeilles ne sont pas des vaches à lait et doivent être respectées. Muriel me disait qu'il fallait aussi regarder avec vigilance la véritable concentration en miel dans les soins cosmétiques. C'est très juste car souvent, on nous le met en avant sur le visuel d'un produit de manière à ce qu'on aie l'impression qu'il s'agit d'un ingrédient majeur alors qu'il est en fait présent de manière presque anecdotique. Pour le coup, dans leur catalogue, on retrouve certaines références comme la crème de l'apicultrice qui en compte jusque 10% dans sa composition, ce qui est vraiment conséquent. Mais le truc, c'est qu'il s'agit d'une entreprise à taille familiale et qui connait une croissance continue certes, mais douce, ce qui leur permet de maintenir ce haut standard de production. Est-ce qu'il est possible d'en faire autant lorsqu'on est une multinationale de la beauté ? 


C'est là encore ce que je me suis demandé en allant fouiner du côté des marques en grandes surfaces et en partant d'un constat simple : sur des produits vendus à petits prix, on est sans doute contraint de faire preuve de vigilance sur le tarif des matières premières alors est-ce que cela se ressent dans la qualité du miel utilisé ? J'ai d'abord porté mon attention sur La Provençale qui nous explique que  " Pur et d’une qualité exceptionnelle, le Miel de Fleurs Bio IGP Provence de notre apicultrice Nadège possède des propriétés apaisantes et adoucissantes "... et c'est tout ! Bio + IGP + origine France, c'est déjà un bon début je vous l'accorde, mais un peu léger à mon sens, surtout que cela ne s'accompagne d'aucune autre action spécifique en faveur des abeilles. Et "le miel de Nadège", c'est gentil sur le papier et cela donne certes un côté humain / proximité à la production du miel mais bon, sur une marque qui j'imagine vend des dizaines de milliers de produits par an (ce qui est mérité car elle est canon et hyper bien brandée), j'espère juste que cette dame a un sacré paquet de ruches pour suivre la cadence...

Garnier aussi met beaucoup le miel à l'honneur dans ses produits, c'est l'ingrédient vedette notamment de sa franchise Ultra Doux Trésor de Miel. Là aussi, la marque n'a pas répondu à mes questions donc je reste un peu dans le flou et ne peux dire avec précision ce qu'il en est de leur sourcing. C'est dommage car j'ai l'impression en plus qu'ils font pas mal d'efforts en la matière, c'est en tout cas ce qu'on peut imaginer puisque leurs packs font mention à plein de choses enthousiasmantes, du genre "miel d'acacia sourcé équitablement et dans le respect des abeilles", "cire d'abeille issue d'un sourcing responsable", soutien aux associations et programmes The Bee Conservancy et Bee Welfare Program... Pas mal du tout non ? Un truc qui m'a en revanche grandement interpellé sur les produits Garnier au miel : ils sont certifiés Cruelty Free. Alors oui, ce label est là pour attester qu'aucun ingrédient de ce produit n'a été testé sur les animaux mais n'est-ce pas un peu paradoxal, si on considère que la simple production de miel relève en quelque sorte d'une certaine forme d'agression et de violence envers les abeilles, que de pouvoir se prévaloir de cette certification "sans cruauté" ? Je pose la question.  

 

Toujours en grandes surfaces, j'ai remarqué aussi toute une gamme Gelée Royale chez Dessange mais là aussi, malgré mes demandes à la marque, je ne suis pas parvenu à obtenir d'informations sur sa provenance. Idem chez Cadum pour sa Crème Douche Surgras au Miel de Fleurs, on ne saura rien de plus à son sujet. J'ai posé aussi la question chez Le Petit Marseillais mais là aussi, je n'ai pas obtenu de réponse. Un manque de transparence qui pour ma part ne tend pas forcément à me rassurer et d'ailleurs, le simple fait qu'aucune mention à l'origine du miel ne soit faite sur ces différents produits tend à me faire penser que c'est parce qu'il n'y a pas grand chose à valoriser. Si vous connaissez d'ailleurs des gens qui bossent chez ces marques et que vous pourriez interroger pour moi sur le sujet, ce serait génial ! Ne croyez pas que cette tendance à l'opacité ne concerne que les marques petits prix, pas du tout. Sur le site de Leonor Greyl par exemple, impossible d'avoir une info sur le sourcing du miel présent dans le Shampooing au Miel alors qu'à 27 euros, on pourrait légitimement espérer un ingrédient de haute qualité. Pas mieux chez Kiehl's non plus.

Je sais que ce billet est déjà très long mais vous conviendrez que le sujet est important et mérite qu'on prenne le temps de s'y intéresser posément. J'ai bientôt fini de toute façon, je voulais simplement conclure en alertant sur les fois où le miel est mis en avant mais dans des catégories de produits dans lesquelles on ne va jamais se poser la question de savoir d'où il vient et est-ce que sa culture est respectable (enfin, sauf moi l'empêcheur de tourner en rond !). Un exemple concret ? Dans les colorations Casting Crème Gloss de L'Oréal Paris, le soin reconstituant qu'on applique une fois la coloration terminée est à base de miel, un ingrédient qui est d'ailleurs bien mis en valeur sur le facing du produit. Cette fois, on n'a absolument aucune information à son sujet, et je ne pense pas à mon avis qu'il s'agisse d'un miel bio, français et IGP. Bien évidemment, j'ai posé la question à la marque et je vous le donne en mille... je n'ai pas eu de réponse là encore (purée, j'en aurai pris des vents en préparant ce billet !). Et je vous fais grâce de la cire qu'on retrouve dans tous les produits dépilatoires, je n'ose imaginer d'où elle vient et dans quelles conditions elle a été obtenue. Muriel chez Ballot Flurin m'expliquait d'ailleurs qu'il y avait tout un business de la cire, c'est visiblement là aussi un sujet qui mériterait de s'y attarder. J'ai interrogé mon client Acorelle à ce sujet mais n'ai pas encore obtenu de réponse et impossible de rentrer en contact avec les leaders du marché Veet et Nair pour avoir leurs éclairages sur le sujet (là aussi, si vous connaissez des gens chez eux, je suis preneur).

Conclusion de tout ça me demanderez-vous ? De mon point de vue, l'idée n'est pas du tout de bannir le miel de nos routines beauté, c'est un ingrédient qui est utilisé depuis des temps immémoriaux et qui a parfaitement fait preuve de son efficacité à travers son appréciable pouvoir cicatrisant / réconfortant. Ce serai du coup fort dommage de se passer de ses services mais en revanche, et ce que je vous invite à faire si je peux me permettre un conseil, c'est de vous interroger bien davantage sur la provenance du miel au cœur des produits cosmétiques que vous utilisez. C'est nous en tant que consommateurs qui pouvons demander des comptes aux marques et faire en sorte que ces dernières misent sur un approvisionnement plus respectueux des abeilles. Prenez le temps de décortiquer les étiquettes, regarder sur les sites des marques quels sont véritablement leurs engagements en la matière... Cela vaut en beauté pure et dure mais on pourrait aussi étendre la réflexion aux compléments alimentaires vitamines où il y a aussi à boire et à manger en matière de produits de la ruche. Bref, faîtes preuve de vigilance et ne mésestimez pas ce qui, j'ai l'impression, est quand même un vrai sujet de réflexion. Aviez-vous déjà pris le temps de vous interroger sur tout ça ? Vous êtes consommateurs de produits cosmétiques au miel, est-ce un ingrédient que vous favorisez ou pas plus pas moins ? Et après lecture de cette loooooongue tirage, quel est votre avis sur le sujet, avez-vous des points de précision à apporter ?  

10 avril 2023

Le JT de la beauté, première édition !

 

Pour celles et ceux qui me connaissent depuis longtemps à travers ce blog, vous savez que je me suis toujours fixé comme ligne conductrice de ne jamais montrer ma trombine ! Au début, c'était plus par souci d'efficacité (je préfère mille fois qu'on s'intéresse exclusivement à ce que j'ai envie de partager à travers ce blog qu'à ma petite personne), puis c'est devenu en quelque sorte un jeu, cela me fait marrer d'être celui qui passe sa vie à exposer les marques pour lesquelles il travaille mais qui pour sa part n'a jamais posté la moindre story Insgram de sa life ! Bref, si j'adore mettre les autres en lumière, je reste définitivement un homme de l'ombre et ce statut me va à merveille ! Le seul truc qui à l'extrême rigueur pourrait me convaincre de sortir de ma réserve naturelle, c'est si un jour on me proposait l'animation d'un JT digital de la beauté, genre 4/5 minutes top chrono pour tout savoir sur ce qui se serait passé durant les dernières 24 heures. Je me dis que cette petite synthèse quotidienne (oui, oui, quotidienne car il se passe tellement de choses qu'il y aurait matière je pense) pourrait à la fois servir à tous les gens comme moi qui bossent dans l'univers de la cosmétique (une sorte de veille sectorielle tous les matins dans ta boîte mail, qui pourrait être contre franchement ?!) mais aussi aux personnes qui, même si elles sont dans la vie puéricultrice, monitrice d'auto-école, éleveuse de lapins nains ou bien encore architectes n'en demeurent pas moins de vraies mordues de la beauté et avides d'en apprendre un maximum. 

Bref, ce n'est pas à l'ordre du jour (tant mieux en même temps, je déteste déjà ma voix lorsque je m'entends sur un répondeur alors là ce serait le pompon) et à défaut d'avoir un format hyper bien produit et un générique à faire pâlir d'envie Gilles Bouleau, je vous propose tout de même d'initier une nouvelle rubrique que j'appellerai malgré tout "Le JT de la beauté". Je sais bien que ce n'est pas un vrai JT mais je fais ce que je veux, je suis chez moi, et chez moi, je me balade à pooooooooooooil (seuls les vrais fans d'Alain Chabat auront la référence mais je m'en moque !). Je vous propose d'y compiler toutes les petites infos que j'ai pu glaner dans ma veille média perso et c'est peu de dire qu'elle est plutôt efficace (le mec totalement immodeste, normal quoi) puisque mon boulot consistant, entre autres, à consulter tout ce qui touche la beauté dans les médias, on va dire que je suis un observateur assez privilégié. Un lancement qui sort vraiment de l'ordinaire, un rachat, une égérie, une info ludique ou au contraire très stratégique... le programme sera à chaque fois éclectique et l'occasion de partager des informations qui, si elles ne méritent pas forcément que j'y consacre un billet dédié, me semblent tout de même intéressantes. Prêt;e.s ? On peut lancer le générique ?! Tuuuuu tuuuuu tu tuuu tuuuu (mais si voyons, si vous le chantez bien, c'est le JT de TF1, faîtes un effort quand même). 5... 4... 3... 2... 1... Antenne !

Mesdames, Messieurs, bonsoir. Dans l'actualité aujourd'hui, de nouvelles révélations sur l'affaire Pierre Palmade. L'humoriste a été déféré au parquet de Melun et devrait savoir demain si sa demande de mise en liberté surveillée... Pardon, je m'égare ! Commençons plutôt par une tranche économie à rendre vert de jalousie François Lenglet ! Vous avez sans doute entendu, car c'était quand même the big news des jours passés, que L'Oréal a racheté la pépite australienne Aésop, pour environ 2,3 milliards d'euros (c'est étonnant que les montants soient annoncés, dans ce genre de transaction, cela reste normalement assez discret).  C'est peu de dire que c'est une belle prise car c'est littéralement une petite pépite, l'une des plus grosses transactions d'ailleurs menées par L'Oréal depuis un bon moment. On le sait, s'il y a un secteur qui pour l'instant ne connait pas la crise, c'est le luxe alors sur une marque comme Aésop, il a clairement de quoi faire. LVMH était aussi sur le coup parait-il et c'est vrai que spontanément, c'était plus facile, je trouve, de projeter Aésop chez Bernard Arnault. Même dans sa division luxe, L'Oréal a quand même un côté très "puissance / mainstream" là où est la marque australienne reste un plaisir d'initiés, mais c'est intéressant je trouve de les voir aller sur ce terrain.

Beaucouuuuuup plus petit mais une autre marque naturelle a été rachetée il y a quelques jours : Lady Green. Je la connais particulièrement bien puisque j'avais travaillé pour elle à l'époque de son lancement (coucou Virginie et Adrien), à une période où ses produits étaient vendus dans des étuis de couleur rose au motif girly-liberty très identitaire. A cette période, elle se positionnait comme la première marque certifiée bio à destination des adolescentes, un créneau malin puisqu'il n'y avait alors rien en la matière. Malheureusement, et plus de 10 ans plus tard, force est de constater que la marque n'a jamais vraiment réussi à percer. La distribution et la notoriété (en France en tout cas, je ne sais pas ce qu'il en est de l'export) reste quand même encore très confidentielles et malgré une refonte plutôt très réussie de son identité visuelle il y a quelques années, elle n'a pas réussi à s'imposer. En plus, son positionnement très "lady / girly" ne vieillit pas forcément bien lorsqu'il est question de répondre aux attentes d'une génération qui globalement s'en contrecarre un peu des questions de genre (à la rigueur, il faudrait créer les marques "non-binaire Green" ou "Gender fluid natural" !). Bref, la vraie question, c'est qui a racheté Lady Green et est-ce que ce nouveau partenaire sera à même de lui donner une nouvelle impulsion ? J'avoue que ce sur ce point, je suis assez perplexe car il s'agit du laboratoire Interlac, un peu inconnu au bataillon. 

C'est marrant car en me renseignant à leur propos, j'ai découvert qu'ils étaient de base le leader français de... la graisse à traire ! Mais genre, la vraie de vraie, celle qu'utilisent réellement des agriculteurs et pas uniquement dans L'Amour est dans le Pré ! Le lien avec la beauté me demanderez-vous à juste titre ? Légitime question car énoncé ainsi, on ne voit pas trop le schmilblick (et encore que les deux sont de la chimie). Et bien figurez-vous que ce sont eux qui ont aussi la marque de produits de bronzage Soleil des Iles (et là tout s'éclaire car on sait qu'on parle parfois de produits très peu protecteurs comme étant de la graisse à traire). Ils ont donc aussi un savoir-faire en matière de fabrication et de distribution de marques cosmétiques, ce qui rend dans l'absolu l'opération cohérente. Mais sachant qu'ils n'ont jamais vraiment réussi à propulser Soleil des Iles, je reste quand même assez perplexe sur leur capacité à donner une nouvelle dynamique à Lady Green sur un créneau autrement plus concurrentiel que le bronzage (même si pour le coup, j'espère me tromper) .

Tiens, quitte à parler money, money, money... ce n'est pas un rachat mais une levée de fonds à laquelle on  a aussi assisté ces derniers jours : celle de la marque marseillaise Pulpe de Vie qui a réussi à collecter 1,7 million d'euros, ce qui est franchement significatif dans le contexte actuel qui s'est quand même pas mal durci et est clairement moins propice aux levées de fonds depuis quelques mois. De quoi permettre à sa créatrice (Julie Ducret, qui annonce vouloir tripler sa croissance d'ici à 2026) de continuer à développer la marque qui pour rappel propose des produits fabriqués en France à base de fruits et légumes moches et/ou invendus, certifiés bio et distribués essentiellement en grandes surfaces. Renforcement des équipes, déploiement à l'international, accélération de l'activité sur le digital... Pulpe de Vie ne manque pas de challenges à relever pour entretenir la bonne dynamique qui est la sienne. C'est d'ailleurs intéressant de voir le repositionnement qu'a opéré la marque car si je ne m'abuse, à la toute base et lors de son lancement, la GMS n'était pas du tout le marché qu'elle visait. A l'époque, la marque (qui ne ressemblait pas du tout à e qu'elle propose aujourd'hui) visait plutôt les magasins bio de mémoire. Comme quoi dans la vie et même si on n'en doutait pas, il faut savoir adapter ses plans à la réalité du terrain !

A propos de réseaux bio d'ailleurs, petit tremblement de terre avec Naturalia à qui L'Obs a consacré un article très intéressant. Il vient confirmer une autre information que j'avais glanée pour ma part dans le magazine professionnel Circuits Bio et dans lequel on apprenait que l'enseigne allait désormais référencer dans ses magasins Les Secrets de Loly. C'est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup c'est en soi est une petite révolution ! Pour le coup, ça mériterait même presque d'y consacrer un billet entier car ça pourrait à terme avoir de sérieuses répercussions. J'essaie de vous résumer simplement : c'est un peu la bérézina côté ventes dans les magasins bio, et ça sur tous les domaines, que ce soit la nourriture ou bien encore l'hygiène-beauté. Bref, toutes les enseignes cherchent des axes d'optimisation et ce que Naturalia dit, c'est que désormais, ils ne s'interdisent plus ni de référencer des marques qui ne sont pas certifiées bio (en même temps, le nom "Naturalia" en tant que tel évoque juste un côté "nature", ce n'est pas comme Biocoop par exemple qui pourrait plus difficilement faire ça alors qu'elle porte la "bio" jusqu'au cœur de son nom), ou bien qui sont certifiées bio mais seraient déjà référencées ailleurs et notamment en grandes surfaces classiques. Là par exemple, Avril va aussi rejoindre les linéaires de Naturalia alors qu'on trouve déjà la marque chez Monoprix (c'est le même groupe en même temps, ça fait du travail en moins pour créer une nouvelle fiche fournisseur dans le logiciel de comptabilité !).

Le fait que Naturalia référence maintenant Les Secrets de Loly, c'est indéniablement une solution de facilité : depuis plusieurs années maintenant, la marque pour les cheveux texturés cartonne monstrueusement (incroyable cette success story, c'est vraiment fou et beau ce qu'ils sont en train d'accomplir) alors l'enseigne se dit sans doute qu'ils vont en profiter aussi en la mettant en rayons. Sauf que les places sur les étagères d'un magasin ne sont par définition pas extensibles à l'infini : si plusieurs marques comme Avril ou Les Secrets de Loly y sont maintenant positionnées, c'est forcément au détriment d'autres acteurs qui étaient peut-être historiques sur la beauté bio, ce qui pourrait, si cette tendance venait à s'amplifier, leur faire perdre un business conséquent. Certains resteront quoi qu'il arrive dans la place parce qu'ils sont incontournables (Weleda, Cattier, Sanoflore, Coslys, Melvita, lavera...) mais est-ce que certaines marques clairement moins attractives comme Dermaclay ou Santé (je ne dis surtout pas que leurs produits ne sont pas bons hein, juste que leur service marketing a visiblement pris pas mal de RTT ces dernières années) en feront les frais ? Ce sera à surveiller... 

Vous voulez encore des infos ? Mais vous êtes insatiables ma parole, je comprends que Marie-Sophie Lacarrau soit crevée à la fin de la journée ! On le sait, nos centres-villes soufrent et particulièrement les enseignes de mode qui sont nombreuses à mettre la clé sous la porte. La beauté est davantage préservée, (on achète moins facilement sa crème de jour en seconde main) et certains pas-de-porte seront justement repris par des marques de cosmétiques qui renforcent leurs positions dans les villes moyennes de France. Aussi, The Body Shop (marque fantastique pour laquelle je bosse, je le précise toujours pas souci de transparence) a annoncé l'ouverture d'ici 2025 de 30 nouveaux magasins en France. Vannes, Besançon... les premiers franchisés viennent tout juste d'ouvrir. Même politique du côté de la marque Panier des Sens (que j'aime beaucoup aussi, c'est hyper bien brandé à chaque fois) qui ouvre par exemple deux boutiques sous franchise cette semaine à Avignon et L'Isle-sur-la-Sorgue. Je trouve tout ça très intéressant car encore une fois, on nous promettait que le digital allait finir de tuer le commerce de proximité et la beauté prouve que ce n'est pas une fatalité. Un produit de beauté, ça se sent, ça s'essaye, ça s'applique... et on peut dire ce qu'on veut mais lorsque l'expérience client est au top, c'est quand même cool de la faire "en vrai".

Je termine par une innovation produit qui m'a interpellé et laissez-moi vous dire qu'il en faut quand même un peu pour m'enthousiasmer après 19 ans dans la beauté ! Mais là, le projet me semble hyper bien ficelé surtout qu'il intervient sur un segment sur lequel il ne se passe quand même pas grand chose de folichon : celui de la coloration cheveux en grandes surfaces. Incroyable mais vrai mais Garnier a réussi à prouver que la boîte rectangulaire avec le sempiternel visuel mannequin issu d'une banque d'images croate n'était pas une fatalité ! Merci Garnier, merci ! "Good", puisque c'est le petit nom de cette nouvelle licence, se présente sous la forme d'un petit pot circulaire et sans visuel mannequin. Peut-être un peu déstabilisant pour la consommatrice qu aura plus de mal à se projeter sur le rendu final de sa coloration mais au moins, il y a un vrai parti-pris. Idem côté formule avec une recette (évidemment sans ammoniaque, silicone, alcool...) contenant plus de 90% d'ingrédients d'origine naturelle, donc plutôt dans la fourchette haute de ce qui se pratique d'ordinaire.

A l'intérieur, deux sachets (la crème colorante et la crème révélatrice) à mélanger entre eux directement dans le pot en carton  ainsi qu'un soin nourrissant (au beurre de Karité issu d'une filière solidaire) à appliquer à la fin. Je ne crois pas que cela existe déjà (ou bien j'ai loupé un épisode, ça m'arrive souvent) mais cette coloration s'applique directement à la main comme on le ferait pour un masque cheveux classique. Intuitif et ludique, on aime. C'est malin car en s'affranchissant du pinceau applicateur et du petit contenant en plastique dans lequel on fait généralement sa tambouille, Good permet d'économiser 45% de plastique par rapport à un kit de coloration classique (il reste les gants, on ne l'applique évidemment pas sur les mains nues, ça coule de source mais je préfère quand même le préciser). Bref, très beau lancement, je tire mon chapeau aux équipes R&D et marketing de L'Oréal ! Hâte de voir dans quelques mois les parts de marché pour voir si cette initiative rupturiste aura su trouver son public.

On termine sur une note légère, comme l'aurait fait Jean-¨Pierre Pernaut ? Je n'ai pas d'anecdotes à vous raconter sur les collections de santons en Corrèze ou bien encore sur le festival des nains de jardins en Lozère mais j'ai tout de même une info, repérée dans le Télé Star de cette semaine (quand je vous dis que je lis tout !) ! On y retrouve une interview de Amanda Lear qui me permet de découvrir que c'est une de ses chansons (je ne savais même pas qu'elle avait chanté, combien de vies a eu cette femme mon Dieu ?!) qui est utilisée dans la dernière campagne publicitaire de Chanel, celle pour le parfum Coco Mademoiselle. Amanda explique que depuis sa diffusion, les recherches sur la chanson explosent dans Shazam et que le titre a  été classé numéro 1 en Corée du Sud (je pense qu'en Corée du Nord, lorsqu'il va découvrir Amanda Lear, Kim-II Sung va faire une syncope). Elle donne surtout le montant de la transaction réalisée et qui a permis à Chanel de récupérer les droits de la chanson : un demi-million de dollars ! Ça m'intéresserait car je me suis souvent demandé combien ce genre de choses se monnayait, maintenant au moins, je sais. Alors oui, 500 000 dollars, c'est une coquette somme mais en même temps, tout est relatif, ce n'est finalement que 0,002% de ce que coûte Aésop ! 

En espérant que vous ayez appris des petites choses, je vous souhaite une bonne soirée, tout de suite, la météo d'Evelyne Dhéliat suivie de votre téléfilm, Je te promets (je ne comprends pas comment on a pu faire du chef d’œuvre qu'est This is Us ce truc absolument abominable) !

13 octobre 2014

La cosmeto food ne fait plus recette...


Comme pour nos fringues, la mode en matière de cosmétique va et vient au fil des saisons. Et ce qui était encore tendance il y a quelques années en matière de soins semble aujourd'hui perdre du terrain (mais reviendra sûrement dans quelques années puisque tout n'est qu'un éternel recommencement !). Vu le titre de ce billet, vous comprenez que lorsque j'écris ces lignes, je pense évidemment à la grosse tendance de cosméto food qui a soufflé il y a quelques années. Vegetable(s) chez Sephora, Fruit Forever chez Nocibé : certains projets avaient commencé depuis quelques mois à se faire la malle, disparaissant discrètement des linéaires et de nos écrans radars par la même occasion... Mais ce phénomène s'est encore amplifié puisque j'ai remarqué que Sephora avait déréférencé Yes To (Cucumbers, Tomatoes...), que le groupe Nuxe avait revendu cet été sa marque Dr Renaud (preuve à priori qu'elle n'était guère plus stratégique pour eux mais ce qui sera sûrement au final une belle opportunité pour la marque de se redéployer) ou encore que Belle à Croquer allait aussi disparaître des grandes surfaces (snif, RIP petit masque à la guimauve que j'aimais tant).



Pas forcément évident d'expliquer pourquoi tous ces projets en sont là aujourd'hui mais on peut quand même se risquer à quelques hypothèses. Moi perso, je pense déjà que le fait que toutes ces marques n'étaient pas très green dans leur formule n'a pas forcément aider à la cohérence du discours. On met en avant des fruits, des légumes, la nature... mais si à côté du discours green, la formule est chimique à souhait, on marche sur le fil. Et puis aussi le prix, un peu élevé pour des produits à base de tomates et de concombres, des ingrédients somme toute très basiques et qui ne justifient pas facilement de vendre des produits à des tarifs trop élevés. D'ailleurs, parmi les dernières marques qui continuent de s'en sortir sur ce créneau, la plupart misent sur le mix marketing entre formules bio et petits prix, comme Pulpe de vie par exemple. Est-ce que la cosméto-food est pour autant condamnée à ne plus peupler notre salle de bains ? Évidemment que non, il faut juste qu'elle se remette un chouille en question ! J'ai d'ailleurs dégoté 3 projets qui arrivent à réinventer un peu l'exercice grâce à des concepts que j'ai personnellement trouvé pas mal ficelés.


ON MISE SUR PLUS D'EXOTISME


Mais attention, pas l'exotisme déjà vu 1000 fois comme la grenade, la mangue ou je ne sais quel autre fruit venu d'ailleurs... Pas question pour autant de miser sur un aliment certes évocateur de contrées lointaines mais qu'on ne connaîtrait pas par chez nous et qui du coup ne parlerait pas à notre imaginaire. Il y a quelques semaines, j'ai remarqué en allant faire mes courses deux produits Garnier que j'ai trouvé hyper attractif et dont l'ingrédient star est... le wasabi ! J'ai sniffé à l'intérieur du tube et je peux vous dire que ça sent vraiment le wasabi, une odeur hyper épicée que j'ai tout bonnement adoré. Malheureusement, la gamme (un gel nettoyant et un scrub visage tous les deux "ultra-purifiant" dixit la marque) est destinée aux peaux grasses à problèmes, ce qui n'est pas du tout du tout mon cas. J'ai presque envie de dire "malheureusement" tellement j'aurais eu envie de les utiliser mais je sais que trop la galère que c'est d'avoir une peau à problèmes pour me permettre ce genre de remarques débiles ! La couleur des soins à proprement parler est verte fluo (vous avez dit "colorants") mais du coup, ça leur donne le total look "wasabi". En somme, si j'étais ado aujourd'hui, c'est typiquement le genre de produits que j'aurais mis dans le caddie de ma mère ! Tiens, j'en profite pour vous faire voir le spot de pub asiatique que Garnier a fait pour cette gamme, avec un esprit samouraï en herbe très prononcé !




ON MISE SUR DES LÉGUMES OUBLIÉS


Est-il encore utile de vous parler du vieillissement de la population, celui qui fait que ma génération devra sûrement travailler jusqu'à 68 ans pour avoir, dans le meilleur des cas, à une petite retraite qui nous obligera à avoir une petite activité à côté pour pouvoir vivre décemment ! Bref, on attendant qu'on m'élise Président de la République (j'aurais le temps, c'est un truc qui m'intéresserait mais comme c'est un peu speed en ce moment de mon côté...), voyons un peu ce qu'on peut en tirer comme idée lumineuse. En l'occurrence, pourquoi ne pas s'adresser à ces femmes de 50, 60, 70, 80 ans avec une gamme qui surferait sur ces fameux légumes oubliés qui d'ailleurs sont de plus en plus trendy en ce moment sur les étals de nos primeurs ? Topinambour,  rutabaga, panais... rappelleraient des souvenirs à toutes ces femmes qui les ont sûrement connu dans leur prime jeunesse.

Les linéaires des magasins traditionnel étant de toute façon saturés, on pourrait même imaginer les vendre dans des jardineries (pas avec le terreau et l'engrais évidemment mais pourquoi pas dans un rayon valorisant et spécifique au rayon déco / art de vivre de ce genre de magasin) ! Pas question évidemment d'en faire des produits de luxe (on parle quand même de légumes on ne peut plus populaire) mais au contraire une petite marque ou gamme très accessible (c'est la crise au cas où vous ne l'auriez pas remarqué). Le groupe Léa Nature a justement eu la bonne idée de se lancer sur le créneau avec Pump Skin, une gamme de soins éclat de la peau à base de Potimarron ! Pour moi, l'idée est intéressante et mériterait d'être développée sur une gamme encore plus large mais malheureusement, et comme assez régulièrement chez Léa Nature, la réalisation graphique laisse un peu désirer et ne donne pas du tout du tout,envie (on ne met pas assez l'actif en avant et la typo utilisée devrait être interdite depuis 1994). Et comme de surcroit les produits sont vendus trop chers, entre 20 et 30 euros là où il ne faudrait pas dépasser 15 selon moi, c'est la totale. En somme, l'idée est là, il faut juste retravailler un peu l'exécution pour voir si oui ou non ça pourrait marcher.


ON MISE SUR LES RECETTES DU TERROIR


Pour finir, j'ai besoin de vous mettre un peu dans une ambiance particulière et vous invite pour cela à cliquer ICI pour lancer cette vidéo que l'on pourra laisser en fond sonore. C'est bon, vous êtes avec moi dans le sud de la France, allongé dans une chaise longue une citronnade à la main ? Alors on est parti pour la minute Jean-Pierre Pernault qui va me permettre de vous parler de la beauté de nos régions ! Car ce qu'on aime dans la cosméto food, c'est avant tout ses parfums presque toujours gourmands ! Et au rayon gourmandises cosmétiques, j'ai justement repéré pour vous cette nouvelle marque dont le simple nom évoque déjà le soleil : Coeur de cigale. Son concept est simple comme bonjour puisqu'il s'agit d'une marque de cosmétiques réunissant dans ses formules tous les ingrédients de la recette du célèbre calisson d'Aix-en-Provence ! De l'amande douce, du miel de lavande, du melon, de l'orange douce, de la fleur d'oranger... des ingrédients bio qui généralement régalent nos papilles mais qui cette fois vont faire le bonheur de l'épiderme ! Pour l'instant, la gamme est très  courte avec juste quelques références corps (lait corps, crème mains, gel douche) mais si vous êtes fan du parfum de calisson (et aussi de son goût car il y a un baume lèvres), vous savez ce qu'il vous reste à faire !

Voilà, vous savez-tout et il ne reste plus qu'à me donner votre avis sur le sujet. Est-ce que vous êtes toujours réceptifs/ves à la cosméto à base de fruits et légumes ou bien est-ce quelque chose qui vous attire peut-être un peu moins qu'il y a quelques mois/années ? Est-ce que vous allez regretter des marques comme Belle à Croquer ou Yes To ou bien finalement leur disparation ne vous fait ni chaud ni froid ? Et surtout, parmi ces nouveautés, est-ce qu'il  y a des choses qui vous parlent ? Le baume lèvres au calisson, franchement avouez, on le veux tous, non ? 

3 février 2014

Gelée Eclaircissante Garnier, mon expérience pour éclaircir mes cheveux

Garnier Gelée Eclaircissante

Dans la famille "blogueur publiant une revue sur un produit 3000 ans après tout le monde", je demande Teddy. Bonne pioche ! Je suis sûr que vous avez déjà entendu parler au moins un millier de fois de cette Gelée Eclaircissante signée Garnier qui a connu un succès tel qu'elle a même été plusieurs fois en ruptures de stock cet été. Mais je m'en fous, je tiens quand même à vous en causer ! Pendant les vacances estivales, à l'époque lointaine où il faisait beau et chaud, on déjeunait en terrasse avec So alias (de)maquillages quand la conversation est arrivée je ne sais plus pour quelle raison sur ce produit qu'on voulait tous les deux tester. Après le dessert (je déteste ne pas finir mon repas sur une note sucrée !), nous voilà donc à errer dans les rayons du Carrefour Market de Pigalle (on a la classe ou on ne l'a pas) où nous trouvons notre graal. Joie et bonheur ! C'était de mémoire un mercredi et j'ai commencé l'expérience dès le premier soir (moi, impatient ? non, à peine !). Un test mené pour le meilleur et pour le pire, comme je vais vous l'expliquer sans plus attendre..

Cheveux effet soleil

Avant toute chose, un petit rappel s'impose car j'ai vu plein de gens sur internet remettre en cause l'efficacité du produit sans se demander une seule seconde s'ils répondaient en fait vraiment aux différents critères à respecter pour que cela fonctionne au moins un minimum. Si je me suis lancé dans le test de cette gelée éclaircissante, c'est parce que mes cheveux ne sont pas colorés et naturellement châtains, une couleur qu'on peut encore espérer faire tendre un peu vers le blond. Si vous êtes coloré(e), vous n'en tirerez strictement rien. Si vous êtes brun(e) corbeau, même punition. Et si vous êtes colorée en brun(e) corbeau et êtes quand même intéressé(e) par ce produit, alors je passe mon tour car votre cas relève maintenant de la psychiatrie et n'est plus de mon ressort ! Bien entendu, il ne faut pas attendre de ce produit un résultat dingue et similaire à celui d'une coloration, ce n'est pas du tout l'idée. On parle simplement là d'éclaircir un peu ses cheveux, de leur donner un petit "effet soleil" sans avoir pour cela à passer par la case coiffeur, ce qui est déjà pas mal.

Eclaircir cheveux avec Garnier

Je vous avoue que le premier soir au moment de me coller ça dans les cheveux, je n'étais pas vraiment rassuré. Peur du résultat et de me réveiller le lendemain matin avec les cheveux dans une couleur improbable. Ou de ne plus avoir de cheveux du tout même car avouons-le, la composition de cette gelée n'est pas vraiment ce que j'appelle un modèle de douceur pour les tifs. Rien d'étonnant en même temps, on ne fait pas changer la couleur des cheveux avec des actifs clean (la fameuse camomille indiquée sur le pack et qui ici fait surtout de la figuration) mais bel et bien avec des trucs bien chimiques, en l'occurrence ici de l'eau oxygénée. Mais bon, "quand faut y aller, faut y aller" alors j'ai ouvert le pot. L'odeur est plutôt sympa mais pas non plus dingue comme j'ai parfois pu le lire. Disons que si elle était déclinée en soin pour le corps, ce n'est pas vraiment celui que je choisirais en premier pour me crémer chaque matin. Mais ce ne serait pas le dernier non plus. Bien mais sans plus en somme. A l'intérieur du pot, une gelée blanche ni plus ni moins similaire à n'importe quel gel coiffant. Je lis rapidement la notice planquée sous la vignette du couvercle. A utiliser sur cheveux lavés et essorés ou secs, OK. Appliquer des racines aux pointes pour ensoleiller et donner du contraste à vos cheveux, cela n'a pas l'air sorcier. Je me lance. Quelques picotements au niveau du cuir chevelu, mais rien d'insupportable. J'essaie d'appliquer suffisamment de produit pour obtenir un résultat mais pas trop non plus pour ne pas prendre de risques inutiles. Courageux, mais pas téméraire le Teddy. Et file au lit en priant au passage pour que cette gelée n'éclaircisse pas ma taie d'oreiller !

Cheveux blonds Garnier

Le lendemain matin, le réveil sonne (les LMFAO, le réveil le plus tonique de l'univers). Première bonne nouvelle, la taie d'oreiller à toujours sa couleur d'origine ! Je file dans la salle de bains pour voir ce qu'il en est de mes cheveux. Eux non plus ne sont pas devenus verts. Est-ce qu'ils sont plus clairs que la veille pour autant, je n'arrive pas à le déterminer. Bon, vous me direz qu'à 6h30 du matin, j'aurais aussi du mal à distinguer un chien d'un chat donc bon... Néanmoins rassuré par le fait de ne pas avoir les cheveux verts, je file prendre mon copieux petit-déjeuner (Frosties, mes amies pour la vie!) et ma douche. Retour devant le miroir pour une session rasage et là, j'ai la nette impression que finalement, si, mes cheveux sont un peu plus clairs qu'hier. Pas non plus un truc de fou, mais il me semble quand même qu'il s'est passé quelque chose sur mon crâne. Mais vous connaissez la force de l'autopersuasion comme moi et qui fait qu'à ce moment, je préfère ne pas me faire de films. 


Samedi soir suivant, soit 3 jours après, soirée entre amis comme je les aime où l'on mange et on rigole (merci Time's up). A peine franchi le pas de la porte, ma bande me balance "Toi, tu as fais un truc à tes cheveux, c'est plus clair que d'habitude" (dédicace à toi Sandra!). Ajoutant tout de suite "ça fait vachement bien" (je les crois car ils sont aussi les premiers à dire quand ce n'est pas le cas, c'est ça les vrais amis!). Ce qui me surprend, c'est qu'ils se soient aperçu de ça, preuve pour moi que l'effet du produit n'était finalement peut-être pas qu'une vue de mon esprit. Intrigant... Le lendemain, 4ème jour après la première application, il était temps de passer à l'étape deux, Garnier recommandant une application tous les 3 jours environ. Même protocole et au dodo donc...

Le lendemain matin au shampooing, je me fais la réflexion que mes cheveux sont quand même sacrément plus abîmés que jamais. Un masque de rigueur car je sais que la paille est blonde mais ce n'est pas vraiment ce que j'ai demandé en formulant le voeu d'avoir les cheveux plus clairs. Retour devant le miroir et cette fois, et pour la première fois, je vois moi aussi que mes cheveux sont en train d'éclaircir (enfin, pas qu'ils éclaircissent en direct pendant que j'étais devant la glace hein, mais CF J-5!). C'est clair, notable, manifeste... et pas mal du tout ! Pas du tout un blond artificiel mais simplement le même rendu que j'ai naturellement l'été en vacances lorsque le soleil fait son effet dans mes tifs. Me voilà agréablement surpris mais arrive maintenant le dilemme : comment dois-je maintenant utiliser  ce produit ? Faut-il arrêter une fois le résultat atteint ? Ou doit-on continuer s'il est possible que le résultat soit un peu plus visible encore ? Ou simplement pour entretenir ce que l'on a déjà obtenu ? Sur ces points, je trouve que la notice de Garnier est aussi légère que Paris Hilton.

Cheveux Ryan Gosling

On dit que dans le doute, il vaut mieux parfois s'abstenir mais ce n'est pourtant pas ce que j'ai choisi comme solution puisque j'ai refais une application 3 jours plus tard.  Peut-être celle de trop car en arrivant au bureau le lendemain matin, Allison me prévient "Warning, tu commences à avoir des reflets roux". Bon, je n'étais pas plus étonné que ça car je sais que j'ai sous ma couleur châtain la facilité de faire virer les couleurs au roux. Bon attention, j'étais très très loin d'être Poil de Carotte pour autant, il s'agissait simplement des premiers prémices et surtout d'un avertissement clair et net : il était grand temps pour moi d'arrêter là cette expérience. Ce qui ne m'a pas empêché de profiter pendant longtemps de mes cheveux plus clairs car le résultat obtenu est de l'acquis, enfin jusqu'à ce qu'on coupe les cheveux oeuf corse !

100% soleil Garnier

A la vue de cette expérience, est-ce que je vous conseillerais oui ou non ce produit ? Pour vous Mesdames, je pense que c'est clairement efficace (à condition bien sûr que vous respectiez les conditions de couleur d'origine et naturelle, je préfère quand même le rappeler) mais je vous préviens tout de suite, ce truc flingue les cheveux. Je pense que vous aurez certes les cheveux tie and dye, mais aussi totalement die ! Sur une coupe courte comme la mienne, cela ne prête pas à conséquence car c'est vite réparé mais sur cheveux longs, je pense qu'il vaut mieux y réfléchir à deux fois avant de se lancer. Pour vous les mecs, ce produit est facile à utiliser car il s'apparente ni plus ni moins à un gel coiffant mais attention, arrêtez-vous dès obtention du résultat souhaité, l'idée étant d'éviter l'application de trop si vous voyez ce que je veux dire. Mais pour 10 euros et des brouettes, c'est un produit à qui on doit reconnaître le mérite de faire ce qu'il promet, ce qui n'est pas toujours le cas. Moi en tout cas, cela faisait quelques mois que j'avais abandonné le pot au fond d'un panier de ma salle de bains dont je l'ai exhumé cette semaine. A nouveau marre de mon châtain, veux retrouver les cheveux de Ryan Gosling !


Et vous alors, que dites-vous de tout ça ? Je suis sûr que vous êtes un sacré paquet derrière votre écran à avoir vous aussi eu l'occasion d'essayer cette fameuse gelée, je me trompe ? Quelle expérience en avez-vous retirée ? J'avoue que je suis assez curieux de le savoir car j'ai l'impression que c'est un produit qui ne laisse personne indifférent. Etiez-vous satisfait/e de l'éclaircissement obtenu ? Est-ce que la gelée n'a pas trop bousillé vos cheveux ? Allez, dites-moi tout !

PS : non, non, me me remerciez pas pour les photos de Ryan and co, je savais que cela vous ferait plaisir pour commencer la semaine !

10 septembre 2012

Olia Garnier, le changement de la coloration, c'est maintenant !


Tout le monde a bien profité de ce qui restera peut-être comme le dernier week-end chaud et ensoleillé avant plusieurs mois ? Moi laissez moi vous dire que j'ai apprécié jusqu'au dernier moment ces températures estivales, et en ai profité pour me reposer au parc et prendre des forces pour les 10 jours qui arrivent et qui s'annoncent pour le moins... toniques dirons-nous ! Cela commence fort dès aujourd'hui car au moment où vous lirez ces lignes, je serai au Beyond Beauty, la grande messe de la beauté, le salon français où l'on découvre toujours de nouveaux projets ou marques étrangères canons (et dont je vous parlerai bien entendu). On ne sait jamais, si certain(e)s d'entre vous y passent, venez me voir, je serai sur l'espace zoom sur les stands des marques Kadalys et Omum dont je m'occupe !

Je ne sais pas encore ce que je vais y faire comme beauty découvertes mais peux en revanche vous parler de ce que j'ai découvert jeudi dernier lors d'une soirée organisée par Garnier qui présentait sa nouvelle coloration. Je dois bien avouer que lorsque la personne de la marque m'avait contacté pour ce lancement, je n'étais pas spécialement emballé par la perspective de passer une soirée à causer colo... Moi perso, la colo ne m'évoque pas grand chose et surtout, je voyais mal quelle nouveauté soi-disant révolutionnaire on allait pouvoir nous pondre. Mais mon interlocuteur avait su me convaincre de faire le déplacement, me promettant que je ne serai pas déçu. Ça m'embête un peu de le dire... mais elle avait raison !


Olia. Retenez bien ce nom car vous allez beaucoup en entendre parler je pense. J'aurais du me douter qu'elle allait chambouler un peu les codes de la coloration en grandes surfaces car rien que son packaging est en rupture avec ce qui se fait pour le moment. Et oui, incroyable mais vrai, il n'y pour une fois aucune femme sur le facing ! A la place, une énooooorme fleur (pas très élégante d'ailleurs, on dirait un tournesol). dont coule... une goutte d'huile. Goutte d'huile qui vous vous en doutez bien n'est pas là par hasard mais pour illustrer la composition toue particulière d'Olia, qui contient pas moins de 60% d'huiles naturelles de fleurs. Mesdames, ne prenez pas peur pour autant car même si elle est fabriquée sur une base huileuse, cette colo ne graisse en aucun les cheveux, ni n'aggrave la situation de celles qui ont déjà un peu trop de sébum à leur goût.

En revanche, et c'est là la clé du truc, l'huile va permettre aux pigments de la coloration d'infuser dans le cheveu et d'imprégner le plus possible la fibre capillaire. Je vous épargne les détails très techniques mais cette technologie baptisée ODS ("système de diffusion à l'huile" en français dans le texte) offre une meilleure diffusion des actifs et permet même au passage d'apporter une action soin (on ne présente plus les bienfaits des bains d'huiles pour les cheveux). Les plus beauty addicts d'entre vous en avez peut-être déjà entendu parler puisque cette technologie ODS était déjà au coeur d'Inoa, la coloration lancée en grande pompe par L'Oréal Professionnel il y a quelques temps déjà. Elle a été remaniée pour Garnier mais l'idée directrice reste la même...


Là normalement, vous devez être en train de vous dire "Ouais, t'es bien mignon Teddy mais une colo qui infuse le cheveu pour une couleur vibrante doublée d'une action soin", on nous l'a déjà fait un paquet de fois celle là. Pas faux, et j'ai presque envie de vous dire qu'ici, ce n'est pas du tout ce point qui m'a le plus interpellé. Non, la vraie révolution d'Olia, c'est que cette composition overdosée en huiles lui permet de... s'affranchir totalement d'ammoniaque. En clair, la période de la colo qui pue la mort et le chimique (je suis sûr que c'est que l'on doit sentir à Fukushima) est définitivement révolue. C'est un truc de dingue quant on y pense car cela faisait tellement des décennies que c'était comme ça qu'on avait fini par se dire que c'était une fatalité et qu'on y pourrait rien (un peu comme le dissolvant d'ailleurs).

Et le pire, c'est que non seulement Olia ne sent pas mauvais, mais plus dingue encore, elle sent plutôt bon ! Pour la première fois en effet, une colo a été travaillée avec un vrai parfum, une pyramide olfactive comprenant des notes de tête (citron, pomme, poire), de coeur (melon, jasmin) et de fond (un accord poudré hespéridé). Bon, je vous avoue que je n'ai pas forcément distingué tout cela mais en revanche, je peux vous dire que vous pouvez vous coller cette colo sous le nez sans la moindre gêne. Et rien que ça, ça va plaisir à pas mal de femmes !


Commençons à résumer car cela fait beaucoup d'infos d'un coup pour un lundi matin ! Nous avons donc face à nous une colo qui 1) ne sent plus mauvais comme avant grâce à sa formule sans ammoniaque et 2) promet un résultat couleur et soin d'une parfaite conformité avec ce que l'on voit sur la boite. Un bon début, vous en conviendrez... Si le contenu semble particulièrement prometteur, il fallait aussi soigner le contenant. C'est là aussi pas mal joué du tout avec un kit qui se démarque sur pas mal de points. Du détail certes, mais du détail qui fait la différence comme par exemple le gant de coloration (noir chic et qui n'a pas cette fâcheuse tendance à lâcher la main), la bouillotte applicateur en forme de goutte (et aux faux airs de flacon Dior J'adore!) et à l'embout très fin pour plus de précision, aux tubes de coloration et d'émulsion révélatrice élancés et moins cheap que ce que l'on trouve d'ordinaire, et enfin au soin après-shampooing proposé dans une contenance généreuse (54ml) et permettant plusieurs applications.

Tiens d'ailleurs, un aparté intéressant sur les soins post-coloration car l'un des responsables Garnier nous expliquait que c'était d'une manière générale un "produit" très souvent volé en magasin car les femmes les trouvaient plus efficaces qu'un masque traditionnel et ouvraient du coup les boites de colo pour se servir ! Ce qui explique que la marque planche sur un projet pour l'année prochaine pour vendre ces soins de manière indépendante, dans un pot comparable à celle d'un masque lambda.


Voilà, je vais conclure car je crois que je vous ai à peu près tout dit sur les points différenciants d'Olia car pour le reste, c'est grosso modo le même mode d'utilisation qu'une colo permanente traditionnelle, à savoir 30 minutes de pose pour atteindre jusqu'à trois teintes d'éclaircissement, une palette de 21 nuances dont 8 blonds et 7 châtains différents (il y a aussi des rouges et des violets pour les plus téméraires). Le prix de vente : 10,90 euros, dans la fourchette moyenne du marché, ce qui est somme toute une bonne surprise pour un produit qui bénéficie quand même de 21 brevets. Lors de la présentation du produit, une chose très intéressante à été dite par un membre de l'équipe Garnier, à savoir que "la coloration était le seul geste d'hygiène beauté contraint". Bon, je ne suis pas d'accord sur le côté absolu de la chose (je ne pense pas que l'épilation ou la lutte contre la transpiration soit davantage une partie de plaisir) mais l'important n'est pas là, mais dans une question bien plus concrète : maintenant qu'on leur apporte pour un prix plus que raisonnable une colo à la fois plus agréable à utiliser et à l'efficacité attestée, les femmes vont elles revenir vers la colo de grandes surfaces ? 


Une interrogation que les professionnels du marché vont surveiller avec attention car si l'on en croit cet article (ICI) du magazine professionnel LSA, il était temps de tenter quelque chose pour redynamiser le rayon coloration des grandes surfaces. "25% de consommatrices en moins chaque année" pour les colos permanentes dans leur ensemble, il fallait réagir, et vite. C'est étrange car perso, j'aurais plutôt pensé qu'en période de crise du pouvoir d'achat (même si depuis la baisse de 3 centimes du prix de l'essence, y a pas à dire, on vit beaucoup mieux en France...), les femmes abandonnaient un peu la colo en salon de coiffure pour se tourner vers une colo à la maison. Il faut croire que cela n'est pas aussi simple que ça... Mais bon, à situation de crise, réponse explosive de Garnier qui avec Olia pourrait bien porter un sérieux coup aux Schwarzkopf, Saint-Algue et consorts (qui après les mousses trouveront bien autre chose pour rebondir, je ne m'inquiète pas pour eux!). En attendant tout ça, j'ai hâte de découvrir dans les prochaines semaines les premiers feedbacks des consommatrices finales à propos d'Olia. Et voir si vraiment, le changement colo, c'est maintenant !


Vous par exemple, est-ce que vous vous colorez les cheveux ?  50% des françaises le font selon les chiffres, on va voir si vous faites mentir les statistiques sur cette Planète ! Et si vous faites partie de la "moitié colorée", comment vous débrouillez vous : coiffeur ou comme une grande à la maison ? Une colo sans la moindre odeur, c'est quelque chose qui vous branche ou finalement, celle de l'ammoniaque ne vous dérange pas tant que cela (je vous dis chapeau dans ce cas car moi, ça me donne limite des hauts le coeur!). Parmi toutes les colorations que vous avez eu l'occasion d'essayer jusqu'alors, qu'est ce qui a su vous convaincre et au contraire, qu'est ce qui vous a causé de mauvaises surprises ? J'imagine que vous devez avoir des anecdotes sympas en la matière, entre fringues tâchées et effet casque non prévu au programme à la base ! Je vous laisse me raconter tout cela et vous échanger astuces et bons plans dans les commentaires en gardant un oeil sur mon Iphone pour suivre tout cela depuis le Beyond Beauty !


PS : désolé mais puisque Garnier nous met de l'huile dans sa colo, je vous en colle pour ma part au fond des oreilles avec ce souvenir musical de... 1993 ! Ah oui, quand même !

16 juillet 2012

Ce shampoing que l'on a tous essayé (ou pas loin en tout cas...) !


Pour redémarrer la semaine en douceur, je vous propose de causer d'un shampooing dont je suis presque certain que 95% d'entre vous l'ont déjà essayé, ne serait-ce qu'une fois dans leur beauty addict de vie. J'aurais même été tenté de monter jusqu'à 96%, voire 97%, mais ce serait peut-être abusé un peu ;-) ! Moi en tout cas, je fais clairement partie de ces 95% puisque j'ai acheté à plusieurs reprises sa célèbre déclinaison à la Camomille, attiré comme un papillon par la lumière par sa promesse d'éclaircir les cheveux. Vous avez une petite idée du shampooing dont il peut bien s'agir ? Bah oui, évidemment, c'est bel et bien le mythique, l'incontournable, le cultissime... Ultra-Doux de Garnier. Et si je vous en touche deux mots aujou'd'hui, c'est que 2012 est une année particulière pour un shampooing particulier. Cette année, Ultra-Doux fête en effet son trentième anniversaire (en clair, je n'étais pas né qu'il existait déjà!).

N'y allons pas par quatre chemins, Ultra Doux est une licence en or massif chez Garnier, un blockbuster du rayon cheveux. Vous ne me croyez pas ? Jugez donc sur pièces : chaque année en France, Ultra Doux, c'est 27,3 millions de produits vendus (soit un chaque seconde pour faire plus simple!), ce qui représente tout de même 1,8 million de litres de shampoo qui passent dans nos caddies. Au moment où j'écris ces lignes, en France, près de 9 millions de personnes ont un produit Ultra Doux dans leur salle de bains (vous peut-être?§°. Des chiffres vertigineux qui feraient rêver n'importe quelle marque de capillaires, une success story en bonne et due forme qui a donc débuté en 1982...

Cette année là (je chantais pour la première foiiiiis, le public ne me connaissait paaaaaaas...), 4 nouveaux shampooings débarquent en magasin. Avec déjà à l'époque une promesse simple qui ne quittera finalement jamais la marque, devenant au contraire son ADN même : la mise en avant d'une plante et la promesse que cette dernière résolve un problème capillaire particulier. Aux cheveux secs les bénéfices des germes de blé, aux cheveux normaux les bienfaits le tilleul, aux cheveux blonds les vertus de camomille (une référence qui existe toujours 30 ans plus tard!) et enfin aux cheveux gras l'efficacité de l'ortie blanche. Ce qui est assez marrant, c'est de voir que même s'ils ont évidemment été modernisés au fil des décennies, les flacons que l'on achète aujourd'hui ne sont finalement pas si différents de ceux de l'époque. Flacons aux courbes généreuses et large bouchon, on les reconnait bien là !


Mais plus encore que leur emballage, c'est ce que contiennent les flacons qui marque dès le début la "patte" UD (pas Urban Decay hein, on parle toujours d'Ultra Doux là!). La valorisation de matières premières naturelles (bien avant la vague bio pour le coup) et reconnues de tous temps pour leur efficacité sur les cheveux, mais également des textures et des parfums simplement délicieux qui transforment un moment d'hygiène en instant plaisir terriblement sensoriel, et enfin le bénéfice final, celui d'un cheveu incroyablement doux au toucher. Une promesse qui trouve rapidement écho auprès des femmes (mais aussi des hommes, ne soyons pas sexistes) de l'époque.

En 1983, l'année suivant le lancement donc, la ligne Ultra Doux s'enrichit déjà de ses premières références après-shampooings. Les prémices d'une gamme élargie et dans laquelle on trouvera quelques années plus tard des masques et autres soins de beauté. En 1993, Garnier incorpore des huiles essentielles dans ses shampooings, avant de se lancer dans la foulée les premiers soins mousse après-shampooing sans rinçage. Là encore, toujours ce souci d'innover, tant sur l'efficacité et la naturalité des formules que sur leur sensorialité. Trois ans plus tard, en 1996 donc, la marque s'attaque aux cheveux des enfants avec des formules encore plus douces qu'Ultra Doux, spécialement pensées pour les petites têtes blondes (qui ne sont pas toujours blondes mais ne chipotons pas sur les détails, surtout le lundi!). 



En 1999, Ultra Doux prend un virage vers des formules toujours plus clean, ce qui se traduit par l'arrivée des premiers shampooings transparents et surtout par l'ajout de nouveaux ingrédients inédits. Désormais, les références Ultra Doux ne mettront plus un seul actif en avant mais deux, un extrait de plante et un extrait de fruit étant désormais combinés pour agir en synergie. En 2003, la marque trace un peu plus son sillon en incorporant dans ses références du lait végétal pour encore et toujours plus de douceur. L'année suivante, après tant d'ajustements sur le fond, c'est à la forme et à une refonte de l'identité visuelle que s'attaque Garnier.

Est-ce que la soif d'innovation d'Ultra-Doux s'est calmé avec l'âge ? Et bien non, pas vraiment, bien au contraire. même Nouvelles formules sans parabens et sans silicones en 2009, éco-recharge et shampooing à 97% biodégradable en 2011, premier shampooing sec et nouvelle Huile merveilleuse cette année... la marque s'adapte à l'air du temps, encore et toujours. Ce mois-ci est également lancée 5 Plantes, la toute nouvelle recette Ultra Doux destinée aux cheveux normaux manquant de vitalité. Des nouveautés très régulières donc mais qui n'empêchent pas que les valeurs sûres restent les mêmes année après année. Aujourd'hui encore par exemple, le Masque à l'huile d'avocat et le Shampooing à la camomille continuent de truster les meilleures ventes de la marque.


Avec plus de 20 recettes à son catalogue et des prix aussi doux que son nom, je ne vois pas trop ce qui pourrait empêcher cette belle réussite de continuer encore des années et des années. On peut imaginer qu'au fur et à mesure que les progrès seront faits en la matière, la marque tendra vers des formules toujours plus naturelles, allant peut-être même un jour jusqu'au bio pour être en conformité avec son image végétale ? Pas impossible même s'il va falloir pas mal plancher sur le sujet pour réussir à faire un shampoo green mais capable de mousser autant qu'un Ultra Doux ! Côté packaging, je suis tombé sur la photo juste ci-dessous, réalisée par une agence de packaging qui avait planché pour Garnier sur une refonte des packs Ultra Doux. Le résultat est plutôt joli, un peu plus moderne certes mais finalement, je trouve que ce serait dommage de quitter ce flacon qui finalement est le même depuis 30 ans...


Et vous alors, quelle est votre histoire avec ce mythique Ultra Doux ? Est-ce que vous l'avez déjà utilisé au moins une fois dans votre vie (je vais pouvoir vérifier ma théorie des 95%!) et si oui, est-ce que vous faites partie de ses inconditionnels ? Si oui, quelle est votre recette chouchoute, cette dont vous vous délectez sans la moindre lassitude ? Est-ce qu'il y a aussi parmi vous des déçus de l'Ultra Doux  ? Est-ce qu'il y en a qui comme moi sont frustrés lorsqu'ils tombent sur une référence dont le parfum les attire fortement, mais que celle-ci ne correspond pas à nos besoins capillaires ? Cela me fait enrager à chaque fois car l'odeur de la vanille / papaye est à tombée mais il est destiné aux cheveux longs, grrrrrr !

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