Affichage des articles dont le libellé est L'Oréal. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est L'Oréal. Afficher tous les articles

10 avril 2023

Le JT de la beauté, première édition !

 

Pour celles et ceux qui me connaissent depuis longtemps à travers ce blog, vous savez que je me suis toujours fixé comme ligne conductrice de ne jamais montrer ma trombine ! Au début, c'était plus par souci d'efficacité (je préfère mille fois qu'on s'intéresse exclusivement à ce que j'ai envie de partager à travers ce blog qu'à ma petite personne), puis c'est devenu en quelque sorte un jeu, cela me fait marrer d'être celui qui passe sa vie à exposer les marques pour lesquelles il travaille mais qui pour sa part n'a jamais posté la moindre story Insgram de sa life ! Bref, si j'adore mettre les autres en lumière, je reste définitivement un homme de l'ombre et ce statut me va à merveille ! Le seul truc qui à l'extrême rigueur pourrait me convaincre de sortir de ma réserve naturelle, c'est si un jour on me proposait l'animation d'un JT digital de la beauté, genre 4/5 minutes top chrono pour tout savoir sur ce qui se serait passé durant les dernières 24 heures. Je me dis que cette petite synthèse quotidienne (oui, oui, quotidienne car il se passe tellement de choses qu'il y aurait matière je pense) pourrait à la fois servir à tous les gens comme moi qui bossent dans l'univers de la cosmétique (une sorte de veille sectorielle tous les matins dans ta boîte mail, qui pourrait être contre franchement ?!) mais aussi aux personnes qui, même si elles sont dans la vie puéricultrice, monitrice d'auto-école, éleveuse de lapins nains ou bien encore architectes n'en demeurent pas moins de vraies mordues de la beauté et avides d'en apprendre un maximum. 

Bref, ce n'est pas à l'ordre du jour (tant mieux en même temps, je déteste déjà ma voix lorsque je m'entends sur un répondeur alors là ce serait le pompon) et à défaut d'avoir un format hyper bien produit et un générique à faire pâlir d'envie Gilles Bouleau, je vous propose tout de même d'initier une nouvelle rubrique que j'appellerai malgré tout "Le JT de la beauté". Je sais bien que ce n'est pas un vrai JT mais je fais ce que je veux, je suis chez moi, et chez moi, je me balade à pooooooooooooil (seuls les vrais fans d'Alain Chabat auront la référence mais je m'en moque !). Je vous propose d'y compiler toutes les petites infos que j'ai pu glaner dans ma veille média perso et c'est peu de dire qu'elle est plutôt efficace (le mec totalement immodeste, normal quoi) puisque mon boulot consistant, entre autres, à consulter tout ce qui touche la beauté dans les médias, on va dire que je suis un observateur assez privilégié. Un lancement qui sort vraiment de l'ordinaire, un rachat, une égérie, une info ludique ou au contraire très stratégique... le programme sera à chaque fois éclectique et l'occasion de partager des informations qui, si elles ne méritent pas forcément que j'y consacre un billet dédié, me semblent tout de même intéressantes. Prêt;e.s ? On peut lancer le générique ?! Tuuuuu tuuuuu tu tuuu tuuuu (mais si voyons, si vous le chantez bien, c'est le JT de TF1, faîtes un effort quand même). 5... 4... 3... 2... 1... Antenne !

Mesdames, Messieurs, bonsoir. Dans l'actualité aujourd'hui, de nouvelles révélations sur l'affaire Pierre Palmade. L'humoriste a été déféré au parquet de Melun et devrait savoir demain si sa demande de mise en liberté surveillée... Pardon, je m'égare ! Commençons plutôt par une tranche économie à rendre vert de jalousie François Lenglet ! Vous avez sans doute entendu, car c'était quand même the big news des jours passés, que L'Oréal a racheté la pépite australienne Aésop, pour environ 2,3 milliards d'euros (c'est étonnant que les montants soient annoncés, dans ce genre de transaction, cela reste normalement assez discret).  C'est peu de dire que c'est une belle prise car c'est littéralement une petite pépite, l'une des plus grosses transactions d'ailleurs menées par L'Oréal depuis un bon moment. On le sait, s'il y a un secteur qui pour l'instant ne connait pas la crise, c'est le luxe alors sur une marque comme Aésop, il a clairement de quoi faire. LVMH était aussi sur le coup parait-il et c'est vrai que spontanément, c'était plus facile, je trouve, de projeter Aésop chez Bernard Arnault. Même dans sa division luxe, L'Oréal a quand même un côté très "puissance / mainstream" là où est la marque australienne reste un plaisir d'initiés, mais c'est intéressant je trouve de les voir aller sur ce terrain.

Beaucouuuuuup plus petit mais une autre marque naturelle a été rachetée il y a quelques jours : Lady Green. Je la connais particulièrement bien puisque j'avais travaillé pour elle à l'époque de son lancement (coucou Virginie et Adrien), à une période où ses produits étaient vendus dans des étuis de couleur rose au motif girly-liberty très identitaire. A cette période, elle se positionnait comme la première marque certifiée bio à destination des adolescentes, un créneau malin puisqu'il n'y avait alors rien en la matière. Malheureusement, et plus de 10 ans plus tard, force est de constater que la marque n'a jamais vraiment réussi à percer. La distribution et la notoriété (en France en tout cas, je ne sais pas ce qu'il en est de l'export) reste quand même encore très confidentielles et malgré une refonte plutôt très réussie de son identité visuelle il y a quelques années, elle n'a pas réussi à s'imposer. En plus, son positionnement très "lady / girly" ne vieillit pas forcément bien lorsqu'il est question de répondre aux attentes d'une génération qui globalement s'en contrecarre un peu des questions de genre (à la rigueur, il faudrait créer les marques "non-binaire Green" ou "Gender fluid natural" !). Bref, la vraie question, c'est qui a racheté Lady Green et est-ce que ce nouveau partenaire sera à même de lui donner une nouvelle impulsion ? J'avoue que ce sur ce point, je suis assez perplexe car il s'agit du laboratoire Interlac, un peu inconnu au bataillon. 

C'est marrant car en me renseignant à leur propos, j'ai découvert qu'ils étaient de base le leader français de... la graisse à traire ! Mais genre, la vraie de vraie, celle qu'utilisent réellement des agriculteurs et pas uniquement dans L'Amour est dans le Pré ! Le lien avec la beauté me demanderez-vous à juste titre ? Légitime question car énoncé ainsi, on ne voit pas trop le schmilblick (et encore que les deux sont de la chimie). Et bien figurez-vous que ce sont eux qui ont aussi la marque de produits de bronzage Soleil des Iles (et là tout s'éclaire car on sait qu'on parle parfois de produits très peu protecteurs comme étant de la graisse à traire). Ils ont donc aussi un savoir-faire en matière de fabrication et de distribution de marques cosmétiques, ce qui rend dans l'absolu l'opération cohérente. Mais sachant qu'ils n'ont jamais vraiment réussi à propulser Soleil des Iles, je reste quand même assez perplexe sur leur capacité à donner une nouvelle dynamique à Lady Green sur un créneau autrement plus concurrentiel que le bronzage (même si pour le coup, j'espère me tromper) .

Tiens, quitte à parler money, money, money... ce n'est pas un rachat mais une levée de fonds à laquelle on  a aussi assisté ces derniers jours : celle de la marque marseillaise Pulpe de Vie qui a réussi à collecter 1,7 million d'euros, ce qui est franchement significatif dans le contexte actuel qui s'est quand même pas mal durci et est clairement moins propice aux levées de fonds depuis quelques mois. De quoi permettre à sa créatrice (Julie Ducret, qui annonce vouloir tripler sa croissance d'ici à 2026) de continuer à développer la marque qui pour rappel propose des produits fabriqués en France à base de fruits et légumes moches et/ou invendus, certifiés bio et distribués essentiellement en grandes surfaces. Renforcement des équipes, déploiement à l'international, accélération de l'activité sur le digital... Pulpe de Vie ne manque pas de challenges à relever pour entretenir la bonne dynamique qui est la sienne. C'est d'ailleurs intéressant de voir le repositionnement qu'a opéré la marque car si je ne m'abuse, à la toute base et lors de son lancement, la GMS n'était pas du tout le marché qu'elle visait. A l'époque, la marque (qui ne ressemblait pas du tout à e qu'elle propose aujourd'hui) visait plutôt les magasins bio de mémoire. Comme quoi dans la vie et même si on n'en doutait pas, il faut savoir adapter ses plans à la réalité du terrain !

A propos de réseaux bio d'ailleurs, petit tremblement de terre avec Naturalia à qui L'Obs a consacré un article très intéressant. Il vient confirmer une autre information que j'avais glanée pour ma part dans le magazine professionnel Circuits Bio et dans lequel on apprenait que l'enseigne allait désormais référencer dans ses magasins Les Secrets de Loly. C'est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup c'est en soi est une petite révolution ! Pour le coup, ça mériterait même presque d'y consacrer un billet entier car ça pourrait à terme avoir de sérieuses répercussions. J'essaie de vous résumer simplement : c'est un peu la bérézina côté ventes dans les magasins bio, et ça sur tous les domaines, que ce soit la nourriture ou bien encore l'hygiène-beauté. Bref, toutes les enseignes cherchent des axes d'optimisation et ce que Naturalia dit, c'est que désormais, ils ne s'interdisent plus ni de référencer des marques qui ne sont pas certifiées bio (en même temps, le nom "Naturalia" en tant que tel évoque juste un côté "nature", ce n'est pas comme Biocoop par exemple qui pourrait plus difficilement faire ça alors qu'elle porte la "bio" jusqu'au cœur de son nom), ou bien qui sont certifiées bio mais seraient déjà référencées ailleurs et notamment en grandes surfaces classiques. Là par exemple, Avril va aussi rejoindre les linéaires de Naturalia alors qu'on trouve déjà la marque chez Monoprix (c'est le même groupe en même temps, ça fait du travail en moins pour créer une nouvelle fiche fournisseur dans le logiciel de comptabilité !).

Le fait que Naturalia référence maintenant Les Secrets de Loly, c'est indéniablement une solution de facilité : depuis plusieurs années maintenant, la marque pour les cheveux texturés cartonne monstrueusement (incroyable cette success story, c'est vraiment fou et beau ce qu'ils sont en train d'accomplir) alors l'enseigne se dit sans doute qu'ils vont en profiter aussi en la mettant en rayons. Sauf que les places sur les étagères d'un magasin ne sont par définition pas extensibles à l'infini : si plusieurs marques comme Avril ou Les Secrets de Loly y sont maintenant positionnées, c'est forcément au détriment d'autres acteurs qui étaient peut-être historiques sur la beauté bio, ce qui pourrait, si cette tendance venait à s'amplifier, leur faire perdre un business conséquent. Certains resteront quoi qu'il arrive dans la place parce qu'ils sont incontournables (Weleda, Cattier, Sanoflore, Coslys, Melvita, lavera...) mais est-ce que certaines marques clairement moins attractives comme Dermaclay ou Santé (je ne dis surtout pas que leurs produits ne sont pas bons hein, juste que leur service marketing a visiblement pris pas mal de RTT ces dernières années) en feront les frais ? Ce sera à surveiller... 

Vous voulez encore des infos ? Mais vous êtes insatiables ma parole, je comprends que Marie-Sophie Lacarrau soit crevée à la fin de la journée ! On le sait, nos centres-villes soufrent et particulièrement les enseignes de mode qui sont nombreuses à mettre la clé sous la porte. La beauté est davantage préservée, (on achète moins facilement sa crème de jour en seconde main) et certains pas-de-porte seront justement repris par des marques de cosmétiques qui renforcent leurs positions dans les villes moyennes de France. Aussi, The Body Shop (marque fantastique pour laquelle je bosse, je le précise toujours pas souci de transparence) a annoncé l'ouverture d'ici 2025 de 30 nouveaux magasins en France. Vannes, Besançon... les premiers franchisés viennent tout juste d'ouvrir. Même politique du côté de la marque Panier des Sens (que j'aime beaucoup aussi, c'est hyper bien brandé à chaque fois) qui ouvre par exemple deux boutiques sous franchise cette semaine à Avignon et L'Isle-sur-la-Sorgue. Je trouve tout ça très intéressant car encore une fois, on nous promettait que le digital allait finir de tuer le commerce de proximité et la beauté prouve que ce n'est pas une fatalité. Un produit de beauté, ça se sent, ça s'essaye, ça s'applique... et on peut dire ce qu'on veut mais lorsque l'expérience client est au top, c'est quand même cool de la faire "en vrai".

Je termine par une innovation produit qui m'a interpellé et laissez-moi vous dire qu'il en faut quand même un peu pour m'enthousiasmer après 19 ans dans la beauté ! Mais là, le projet me semble hyper bien ficelé surtout qu'il intervient sur un segment sur lequel il ne se passe quand même pas grand chose de folichon : celui de la coloration cheveux en grandes surfaces. Incroyable mais vrai mais Garnier a réussi à prouver que la boîte rectangulaire avec le sempiternel visuel mannequin issu d'une banque d'images croate n'était pas une fatalité ! Merci Garnier, merci ! "Good", puisque c'est le petit nom de cette nouvelle licence, se présente sous la forme d'un petit pot circulaire et sans visuel mannequin. Peut-être un peu déstabilisant pour la consommatrice qu aura plus de mal à se projeter sur le rendu final de sa coloration mais au moins, il y a un vrai parti-pris. Idem côté formule avec une recette (évidemment sans ammoniaque, silicone, alcool...) contenant plus de 90% d'ingrédients d'origine naturelle, donc plutôt dans la fourchette haute de ce qui se pratique d'ordinaire.

A l'intérieur, deux sachets (la crème colorante et la crème révélatrice) à mélanger entre eux directement dans le pot en carton  ainsi qu'un soin nourrissant (au beurre de Karité issu d'une filière solidaire) à appliquer à la fin. Je ne crois pas que cela existe déjà (ou bien j'ai loupé un épisode, ça m'arrive souvent) mais cette coloration s'applique directement à la main comme on le ferait pour un masque cheveux classique. Intuitif et ludique, on aime. C'est malin car en s'affranchissant du pinceau applicateur et du petit contenant en plastique dans lequel on fait généralement sa tambouille, Good permet d'économiser 45% de plastique par rapport à un kit de coloration classique (il reste les gants, on ne l'applique évidemment pas sur les mains nues, ça coule de source mais je préfère quand même le préciser). Bref, très beau lancement, je tire mon chapeau aux équipes R&D et marketing de L'Oréal ! Hâte de voir dans quelques mois les parts de marché pour voir si cette initiative rupturiste aura su trouver son public.

On termine sur une note légère, comme l'aurait fait Jean-¨Pierre Pernaut ? Je n'ai pas d'anecdotes à vous raconter sur les collections de santons en Corrèze ou bien encore sur le festival des nains de jardins en Lozère mais j'ai tout de même une info, repérée dans le Télé Star de cette semaine (quand je vous dis que je lis tout !) ! On y retrouve une interview de Amanda Lear qui me permet de découvrir que c'est une de ses chansons (je ne savais même pas qu'elle avait chanté, combien de vies a eu cette femme mon Dieu ?!) qui est utilisée dans la dernière campagne publicitaire de Chanel, celle pour le parfum Coco Mademoiselle. Amanda explique que depuis sa diffusion, les recherches sur la chanson explosent dans Shazam et que le titre a  été classé numéro 1 en Corée du Sud (je pense qu'en Corée du Nord, lorsqu'il va découvrir Amanda Lear, Kim-II Sung va faire une syncope). Elle donne surtout le montant de la transaction réalisée et qui a permis à Chanel de récupérer les droits de la chanson : un demi-million de dollars ! Ça m'intéresserait car je me suis souvent demandé combien ce genre de choses se monnayait, maintenant au moins, je sais. Alors oui, 500 000 dollars, c'est une coquette somme mais en même temps, tout est relatif, ce n'est finalement que 0,002% de ce que coûte Aésop ! 

En espérant que vous ayez appris des petites choses, je vous souhaite une bonne soirée, tout de suite, la météo d'Evelyne Dhéliat suivie de votre téléfilm, Je te promets (je ne comprends pas comment on a pu faire du chef d’œuvre qu'est This is Us ce truc absolument abominable) !

24 avril 2012

Cadum, la nouvelle marque de L'Oréal ?


Juste un petit message pour commencer la journée car j'ai fait la découverte beauté du jour en lisant le journal de ce matin ! Ah bah oui, je vous ai jamais dit mais je lis tous les matins Le Parisien (un choix stratégique car à 8h du matin, je ne me sens pas de m'attaquer au Monde, au Figaro ou à Libération, faut pas pousser Mémé dans les orties), et ce de la première à la dernière page (enfin, exception faite des pages du tiercé et sport dont je me moque comme de mon premier slip). Bref, aujourd'hui, l'info intéressante était dans la page Bourse / Economie car il s'agit d'un éventuel rachat sur la Planète-Beauté. Sur l'échelle de Richter de la Fusion / Acquisition, on est au moins là face à un séisme de 8. Et une fois encore, c'est L'Oréal qui va frapper un grand coup puisque le géant des cosmétiques s'apprêterait à racheter... Cadum ! Rien que ça ! Montant de la transaction : environ 200 millions d'euros (c'est con, à cinq millions prêt, j'aurais presque pu me l'offrir aussi!).

A suivre donc si cela se confirme dans les prochaines semaines même si visiblement, cela a l'air plutôt bien engagé. J'avoue que là de but en blanc, je ne sais pas trop quoi en penser. A priori, Cadum n'est pas forcément le genre de marques que j'aurais imaginé basculé sous le giron de L'Oréal, on les imagine volontiers comme des indépendants, avec le côté historique de la marque qui se transmettrait de génération (même si je sais que ce n'était pas forcément ça puisque la marque était déjà passée dans les mains de Palmolive Colgate il y a quelques temps). Ce qui est sûr, c'est que Cadum est une petite pépite, avec une image excellente et des produits qui font souvent l'unanimité. Et que cela permettrait en plus à L'Oréal de se renforcer sur le marché de l'hygiène du bébé sur lequel la petite affaire de Liliane compte déjà la pépite Mixa. J'imagine d'ailleurs que si tout cela se concrétisait, Cadum rejoindrait peut-être justement la division Lascad aux côtés de Mixa, Ushuaïa... et les autres marques GMS et petits prix de chez L'Oréal. Affaire à suivre donc, et en attendant, je vous invite si ça vous intéresse à relire ce papier retraçant un peu la success story de Cadum. Et moi je vous retrouve un peu plus tard dans la journée pour vous présenter trois nouvelles marques de soin (oui, rien que ça). Qui sait, peut-être que dans 10 ans, l'une d'elles sera devenu tellement importante et stratégique qu'elle sera aussi rachetée par L'Oréal !

16 septembre 2010

Le magasin de demain


Après avoir visité le salon Beyond Beauty mardi, je sais maintenant à peu près quelles sont les grandes tendances en matière de soins visages, capillaires, make-up... Mais si les produits de la Planète-Beauté évoluent à toute vitesse, les points de vente risquent également de se transformer dans les prochains mois, tout particulièrement les grandes surfaces. Depuis quelques semaine, Carrefour teste en effet dans deux de ses magasins de la région lyonnaise un nouveau concept (baptisé, pour le clin d'oeil, Carrefour Planet) qui, s'il s'avère concluant, sera étendu à l'ensemble de son réseau. Et apparemment, c'est une petite révolution qui se prépare...


Avant de vous parler des changements concrets que vous observerez prochainement en allant faire vos courses, quelques lignes rapides sur la réflexion engagée par Carrefour. Dans son numéro de la semaine dernière, Stratégies expliquait que la difficulté que rencontrait Carrefour était de transformer un moment contraignant (la corvée des courses alimentaires) en un véritable moment de plaisir (une pure virée shopping dans les rayons mode, culture, beauté...). Seul problème, sur ces derniers segments, les enseignes spécialisées (Fnac, Virgin, H&M, Zara, Sephora, Marionnaud...) attirent beaucoup plus les client(e)s que l'hypermarché.


Du coup, les magasins Carrefour sont dorénavant divisés en neuf espaces bien définis (bio, produits frais, surgelés, mode, beauté, bébé, maison, évènement, loisirs) et ayant chacun leur identité propre. Au rayon beauté par exemple (bah oui, c'est quand même ce qui nous intéresse ici!) on joue la carte du luxe accessible avec "une ambiance feutrée, en noir et violet". Carrefour a même délégué une partie de son espace au groupe L'Oréal qui se charge d'animer le point de vente. Il y a par exemple une nouvelle borne interactive qui permet de se prendre en photo puis de réaliser des maquillages virtuels avec les différentes références proposées en magasin. Une bonne manière de contourner l'obstacle que représente l'absence de testeurs en GMS.


Autre initiative sympa, il y a dorénavant des Beauty Bubbles, un nouveau concept de coupe sur cheveux secs + brushing express pour seulement... 10 euros. Il y a également la possibilité de se faire sur place un maquillage flash, comme dans les grands magasins. On peut imaginer qu'à terme, cela ira même encore plus loin avec pourquoi pas des soins visage express ou des massages rapides sur des fauteuils adaptés, qui permettent de rester habillé. Le rôle du conseil a été également fortement développé avec la possibilité de faire appel sur place aux conseils d'un spécialiste, qui pourra même nous établir un diagnostic de peau. Si j'ai bien compris, il y aura également un petit corner Réserve Naturelle, spécialiste de la beauté à petit prix, où l'on pourra directement régler ses achats sans avoir à passer par les caisses principales du magasin où il y a toujours 10 minutes de queue.


En clair, l'idée est vraiment de faire en sorte que le consommateur vienne ici, avec l'idée d'être dans un magasin au coeur même du magasin principal. Personnellement, je pense que cela peut être très sympa même si cela risque de nous déstabiliser pas mal au départ. De mon point de vue, Carrefour aurait pu aller encore un peu plus loin pour reprendre les codes de la parfumerie : pourquoi ne pas mettre en place par exemple des testeurs et des échantillons en grandes surfaces ? Car acheter un parfum que l'on ne peut pas sentir, c'est un peu délicat quand même. Et sur le soin, c'est toujours agréable de pouvoir jauger la texture et le parfum, non ?


Et puisque nous causons aujourd'hui des nouveaux concepts sur les points de vente, je voulais partager avec vous quelques infos repérées la semaine dernière. Je vais vous le faire de mémoire car... je n'arrive pas à remettre la main sur le magazine en question ! Mais si mes souvenirs sont bons, ce qui avait retenu mon attention, c'était un projet de Sephora qui, je crois, étudie la possibilité de mettre en place à l'entrée de ses magasins une borne sur laquelle on "badgerait" notre carte de fidélité. Là, on pourrait consulter sur l'écran, tous les derniers produits que l'on a acheté, quelles sont les nouveautés arrivées depuis notre dernier passage et qui seraient susceptibles de nous intéresser... A creuser, mais l'idée de départ est plutôt bonne je trouve.

Moi personnellement, ce que j'aurais trouvé intéressant, c'est qu'il existe des bornes interactives de ce genre dans les magasins, et d'où l'on pourrait comparer des avis de vrais consommateurs (un peu sur le même principe que la plate-forme Beauté-Test) sur les produits que l'on désire acheter. Cela permettrait d'avoir une bonne idée de ce qu'il vaut vraiment et de s'affranchir des conseils des vendeurs qui ne sont pas toujours désintéressés.

Que pensez-vous de toutes ces idées que l'on risque de voir débarquer dans nos magasins ?
Est-ce que certain(e)s d'entre vous habitent près de Lyon et ont pu voir l'un de ces deux Carrefour nouvelle génération ?
Et vous, quelles autres innovations aimeriez voir mises en place sur les points de vente ?

PS : c'est quoi cette carte Sephora Gold, je ne la connais pas bien celle là ?

29 mai 2010

Breaking News : L'Oréal, Chanel et Dior s'entendent bien. Au moins sur leurs prix...

Je dois le confesser, j'aime avoir raison ! Alors, quand l'actualité conforte ce que j'avançais il y a seulement quelques jours sur l'absence de concurrence entre les marques de parfums, je ne peux que me réjouir !

Bref rappel pour ceux qui auraient loupé le papier sur le pavé dans la mare que lance le site Iloveparfum.com, c'est ICI que ça se passe. Pour résumer, cette e-boutique arrive à proposer des parfums en moyenne 30% moins cher que les prix habituellement pratiqués, en allant se fournir à l'étranger. Je m'étais rapidement entretenu avec une personne de cette entreprise qui m'expliquait que le faible nombre de distributeurs de parfums en France empêchait d'avoir des prix compétitifs, à l'instar de ce qui se passe sur le marché des opérateurs téléphoniques. Et bien hier, on apprenait que cette entente sur les prix ne concernait pas seulement les distributeurs mais directement les marques de parfums.

C'est la Suisse qui a décidé de prendre ce problème à bras le corps (après avoir fait baissé le prix des parfums, qu'elle pense d'ailleurs aussi à revoir un peu sa politique fiscale...). La commission de la concurrence helvétique a en effet publié un rapport choc où se font épinglés L'Oréal, Chanel, Dior (il y en a pour tout le monde, pas de jaloux!), tous soupçonnés d'entente illicite sur les prix. Voici d'ailleurs (reprise du site Easybourse.com) une déclaration d'un porte-parole de cette commission qui résume parfaitement le problème soulevé après 18 mois d'investigation :

«Les indices sont devenus de plus en plus évidents au cours de l'enquête que les entreprises concernées ont pu uniformiser leurs prix et cimenter leurs parts de marché grâce à l'échange d'informations».

Même si ce n'est pas la surprise de l'année, cela fait tout de même mauvais genre pour toutes ces belles marques françaises. Qui vont d'ailleurs devoir mettre la main au porte-monnaie puisque des amendes allant de 12 000 à 18 millions d'euros (selon le degré de gravité de l'infraction) ont été requises. Pour le moment, seul L'Oréal a souhaité réagir à ces accusations, via Stéphanie Carson-Parker, Directrice du Service Presse Corporate, qui a farouchement nié toute violation des règles de concurrence de la part du groupe. Affaire à suivre donc...

26 avril 2010

Opération sauvetage pour le CCB


La semaine dernière était capitale pour Le Club des Créateurs de Beauté. C'est en effet ce 20 avril, à l'occasion de son quinzième anniversaire, que la marque a lancé la nouvelle version de son site internet. Nouveau design, nouvelles fonctionnalités et nouveaux produits, l'ensemble est plutôt réussi mais j'y reviendrai un peu plus tard.

Car il est important je pense de préciser que ce nouveau site marque - selon moi - le troisième grand chantier entrepris par Le Club des Créateurs de Beauté (qui pour rappel appartient au groupe L'Oréal) afin de redynamiser une marque qui, il faut bien le dire, a beaucoup souffert ces dernières années. Pour se rafraîchir la mémoire, voici ICI un article paru l'année dernière dans le magazine Capital qui expliquait bien dans quelle délicate situation se trouvait le CCB. Pour résumer (pour ceux qui n'auraient pas le courage d'aller lire le papier!), on peut dire que l'offre du CCB avait beaucoup perdu de son attractivité et surtout, que la marque avait très mal négocier l'explosion du e-commerce, voyant son mythique catalogue devenir complètement obsolète au moment où la vente en ligne faisait beaucoup de tort aux principales marques de VPC. A l'instar des 3 Suisses, La Redoute... le CCB voyait alors son chiffres d'affaires chuter de manière inquiétante, multipliant alors les initiatives pour sortir de cette mauvaise passe.

1) TON CATALOGUE, TU DEPOUSSIERERAS

Agnès B, Franck Provost, Dr Christine Poelman, Cosmence... bien qu'assez connues, on ne peut pas dire que les marques du portefeuille CCB était particulièrement excitantes. Aux grands maux, les grands remèdes : pour séduire de nouvelles consommatrices, la marque offre un lifting de choc à son catalogue.

Le CCB n'est pas très performant en soins du corps et sur les produits d'hygiène ? Il a alors la bonne idée de référencer les produits gourmands de The Body Shop (uniquement les soins du corps, pour ne pas cannibaliser les ventes de Cosmence). Une initiative qui sert aussi les intérêts de The Body Shop, marque l'oréalienne qui n'avait jusqu'alors pas de distribution en ligne en France.

Impossible d'ignorer la vague écolo qui déferle sur le rayon cosméto ? Le CCB fait appel à Nathalie Charon qui développe pour la marque Bioexigence, une jolie gamme de soins qui fleurent bon la Provence.

L'offre capillaire n'est pas en reste : exit les produits Franck Provost et place à une ligne Jean-Marc Maniatis complètement relookée, plus moderne et plus abordable.

Et ce n'est pas tout... Le rayon parfum est dopé par l'arrivée de Crazylibellule ans the poppies et de Thierry Mugler ! Un joli coup mais pourquoi d'ailleurs ne pas avoir pris une marque L'Oréal, qui aurait pu correspondre davantage à la cible CCB ?

Et enfin, cerise sur le gâteau, le CCB accueille même la marque coquine YESforLOV...

BILAN : incontestablement, une réussite. Un catalogue plus complet, quelques jolis coups dans les nouvelles marques référencées, une rationalisation pertinente de l'offre ... c'est plutôt très bien joué même si d'autres synergies auraient peut-être pu être mises en place en exploitant certaines autres marques L'Oréal.


2) TES OEUFS DANS LE MÊME PANIER, TU NE METTRAS PAS

Au CCB, on a bien compris que l'avenir de la vente par catalogue était plus que compromis. Et qu'une e-boutique seule ne suffirait peut-être pas encore à renouer avec le succès de la grande époque du Club. Ce qu'il faut au CCB, c'est un point de vente "en dur", avec un vrai réseau dans toute la France. Bingo, la marque signe un accord avec Nocibé qui référence depuis le début de l'année les best-sellers du Club ! Proximité et accessibilité sont les deux maîtres mots de cette nouvelle stratégie qui permettra dorénavant aux clientes de tester les textures, de découvrir les couleurs du maquillage...


BILAN : Là encore, c'est plutôt une bonne idée. Le choix de Nocibé, une des seules enseignes à ne pas avoir souffert de la crise économique, est indiscutablement un choix stratégique. Ce partenariat permet au Club de gagner en visibilité et potentiellement de nouvelles clientes qui reviendront peut-être par la suite acheter sur le site du CCB... ou de Nocibé. Car, petit bémol, Nocibé.fr commercialise aussi les produits du Club. Pour moi, c'est un peu regrettable car si les points de vente physiques de Nocibé complètent bien la distribution, la vente sur leur site vient un peu marcher sur les plate-bandes du Club.


3) UNE BELLE VITRINE, TU T'OFFRIRAS

Touche finale de cette année de reconquête, le nouveau site internet CCB lancé cette semaine, avec un graphisme épuré tranchant avec le code couleur noir de la précédente mouture. Parmi les nouvelles fonctionnalités mises en place : la possibilité de se faire rappeler par une conseillère en laissant son numéro de téléphone, et pour les questions plus pointues, un formulaire à remplir qui permet de rentrer en contact avec une esthéticienne. Comme sur le site de Sephora, les clientes pourront dorénavant déposer leurs avis sur les produits CCB qu'elles ont eu l'occasion d'essayer. Une bonne idée mais la marque laissera t-elle apparaitre les avis les moins favorables aux produits du Club ? Enfin, la vente est optimisée via la proposition d'articles en lien avec ceux dont l'internaute consulte la fiche.

BILAN : Il aurait été dommage de revoir l'ensemble de l'offre CCB sans offrir un bel écrin à ce nouveau catalogue. La navigation est plus intuitive, le design plus contemporain. Néanmoins, le nombre important de références fait que l'on s'y perd un peu, en particulier dans le maquillage (près de 10 références en mascara, est-ce bien raisonnable?).



En conclusion de tout cela, force est de constater que la marque a su réagir et faire face aux difficultés qu'elle rencontrait. Est-ce que cela sera suffisant pour renouer avec la croissance et le succès ? A suivre dans les prochains mois...

www.ccbparis.com

23 avril 2010

Parce qu'essie le vaut bien

Celles et ceux qui lisent l'actualité de la bourse sont probablement déjà au courant depuis hier de la nouvelle. Et oui, L'Oréal vient (encore!) de faire une nouvelle acquisition en signant un accord qui permettra bientôt au géant de la cosmétique de prendre le contrôle d'Essie, l'un des acteurs majeur du marché des vernis à ongles.

Pour rappel et comme le souligne L'Oréal dans le communiqué annonçant ce rachat (dont on ignore le montant), Essie Cosmetics a été créé en 1981 aux Etats-Unis par un dénommé... Essie Weingarten. Près de 20 ans plus tard, la marque a conquis de nombreux points de vente dans le monde, en particulier dans des salons de coiffure et des spas américains. Pour se donner un ordre d'idée, le chiffre d'affaires d'Essie avoisine les 30 millions de dollars sur les 12 derniers mois (il faut en vendre des vernis pour arriver à un tel score!). Un succès qui devrait certainement s'amplifier grâce à la puissance et à l'expertise l'oréalienne.

A suivre de près dans les prochains mois pour voir comment ce rachat va influer la stratégie de la marque mais une chose est certaine : ce rachat ne devrait pas faire les affaires d'OPI qui a dorénavant face à lui un concurrent soudainement beaucoup plus puissant.

LinkWithin

Related Posts with Thumbnails